À LA UNE POLITIQUE VIDEO — 20 mars 2018

VIDEO. L’ancien président de la République a été placé en garde à vue ce mardi à Nanterre, dans les locaux de l’Office anticorruption de la police judiciaire.

C’est une première pour l’ancien chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, depuis l’ouverture en 2013 d’une information judiciaire sur le possible financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.

L’ancien président de la république a été placé en garde à vue ce mardi matin. Il est dans les locaux de l’Office anticorruption de la police judiciaire à Nanterre, où il était convoqué dans le cadre de cette enquête.

L’ancien ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy, est également entendu ce mardi matin en audition libre.

Selon « Le Monde », la garde à vue de l’ancien président pourrait durer jusqu’à 48 heures. « Il pourrait être présenté aux magistrats à l’issue de sa garde à vue afin d’être mis en examen », précise encore le journal.

Suite à cette décision des juges, les réactions n’ont pas tardé. A droite, partisans de l’ex-président et élus LR s’attachent à minimiser ce nouvel épisode de la saga judiciaire Sarkozy. « Nicolas Sarkozy a été plusieurs fois en garde à vue, à chaque fois, il est sorti sans rien », a ainsi déclaré la députée LR Valérie Boyer.

D’autres, comme le président du groupe LR à l’Assemblée nationale, Christian Jacob, parlent d’ « acharnement ». Certains enfin, n’hésitent pas à évoquer l’idée selon laquelle l’audition de Nicolas Sarkozy tombe à point nommé pour le gouvernement, juste avant la grève de jeudi à la fonction publique et à la SNCF.

« Ca tombe toujours sur des semaines où il y a beaucoup de sujets à aborder et où le gouvernement est très en difficulté », a ainsi dit à des journalistes le député LR Fabien Di Filippo. Quant à la présidente LR d’Ile-de-France, Valérie Pécresse, interrogée sur Radio Classique, elle dit avoir « beaucoup de peine à croire à cette affaire » et souhaite qu’il n’y ait « aucune interférence du pouvoir politique dans le travail de la justice ».

Tripoli aurait coopéré

Toujours selon « Le Monde », la décision de placer Nicolas Sarkozy en garde à vue pourrait être le signe que les magistrats ont de nouvelles preuves d’un possible financement illicite de la campagne. Et que les autorités libyennes auraient décidé de coopérer.

Le quotidien affirme ainsi que plusieurs anciens dignitaires libyens de l’époque kadhafiste auraient « livré de nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicite ».

Il s’agirait donc d’un nouveau rebondissement dans cette enquête, démarrée en 2013 après les révélations du site Mediapart qui, en 2012, publiait une note d’un ex-dignitaire libyen faisant état d’un don par le clan Kadhafi de 50 millions d’euros au camp Sarkozy.

Nicolas Sarkozy, qui a quitté le pouvoir en mai 2012, a toujours formellement démenti les faits allégués notamment par un autre homme de réseaux, le franco-libanais Ziad Takieddine.

Vidéo – Financements libyens : Nicolas Sarkozy en garde à vue

 

 

Claude Fouquet
 

lesechos.fr

Réactions politiques à la garde à vue de Nicolas Sarkozy

A droite, des proches de l’ancien président s’étonnent notamment de la lenteur de la procédure avec cette garde à vue qui a lieu onze ans après les faits présumés.
L’ancien chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, a été placé mardi 20 mars au matin en garde à vue, dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. M. Sarkozy est entendu pour la première fois dans cette enquête, par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre, près de Paris.

Lire aussi :   Comprendre l’affaire de Sarkozy et la Libye en 2007

Le premier ministre, Edouard Philippe, sur BFM-TV et RMC :

« Aucun commentaire à faire sur la procédure judiciaire, mais je dis ce que j’ai à dire sur l’homme. Tout le monde sait que j’ai appartenu à la même famillepolitique que Nicolas Sarkozy et ceux qui suivent la vie politique savent que j’ai parfois eu avec lui des relations difficiles. Elles ont toujours été respectueuses, toujours, et à chaque fois que j’ai eu des contacts avec lui depuis que j’ai été premier ministre, ils ont toujours été empreints de respect mutuel. »

Le groupe Les Républicains dans un communiqué :

« Nous souhaitons rappeler que le principe de la présomption d’innocence prévaut pour tous les citoyens. Les adhérents et sympathisants Les Républicains ont une nouvelle fois le sentiment que tous les élus ou anciens élus ne subissent pas le même traitement, selon qu’ils appartiennent à telle ou telle famille politique. »

L’eurodéputée Nadine Morano, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, sur RTL :

« On verra si cette garde à vue était justifiée, quels éléments elle apportera. Encore une fois, moi, je regarde la réalité des faits. La réalité des faits, c’est que, bien souvent, il a été mis en cause, bien souvent, il en est sorti en étant totalement blanchi. J’appelle à beaucoup de prudence les médias qui commencent à s’exciter. »

Valérie Pécresse, présidente Les Républicains (LR) de la région Ile-de-France, au micro de Radio Classique :

« J’ai personnellement beaucoup de peine à croire à cette affaire, mais la justice travaille et je souhaite vraiment qu’il n’y ait aucune interférence du pouvoir politique dans le travail de la justice (…) Je respecte la présomption d’innocence qui s’attache à tout homme politique. »

Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée, qui assure M. Sarkozy « de toute l’amitié et du soutien du groupe LR » :

« C’est un acharnement incompréhensible. Onze ans après, à quoi tout cela rime ? On a vu ce que cela donnait l’acharnement sur l’affaire Bettencourt [dans lequel M. Sarkozy a finalement bénéficié d’un non-lieu]. »

Philippe Gosselin, député LR de la Manche, interrogé à l’Assemblée :

« C’est un peu le sparadrap qu’on cherche à coller au doigt de l’ancien président. On voit une justice qui prend son temps. Elle a décidé d’accélérer, cela va permettre à Sarkozy de pouvoir s’expliquer même si onze ans après ça perd de son sens et de sa valeur. On peut se poser la question de l’intérêt d’une justice aussi lente, d’une instruction qui a pris son temps et donc de la solidité du dossier. »

Quant à Laurent Wauquiez, nouveau patron des Républicains, il n’a pas réagi à l’information à sa sortie du groupe des Républicains au Sénat qui se tenait dans la matinée, selon un journaliste de Public Sénat présent sur place :

Jean-Christophe Lagarde, président de l’Union des démocrates et indépendants, s’interroge sur le fait que le régime de la garde à vue ait été indispensable :

« Je n’ai pas compris pourquoi il était entendu sous le régime de la garde à vue. Il est prévu pour éviter que la personne entendue ne puisse s’enfuir. Je n’en pense pas que c’était un risque, ou pour éviter que des témoins se parlent. Depuis le temps je pense que les témoins ont eu le temps de se parler. »

Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national, a publié un message sur Twitter :

« Je ne soutiens pas Nicolas Sarkozy, mais que les médias puissent ainsi être renseignés minute par minute sur cette procédure me donne la nausée. Notre justice est vraiment bien malade. »

Gilbert Collard, député Front national du Gard, interrogé à l’Assemblée nationale :

« Si les policiers qui sont sous l’autorité des juges ont enclenché cette garde à vue, c’est qu’il y a des éléments (…). S’il y a eu financement libyen, on est dans un cataclysme démocratique. On risque vite d’apprendre qu’il y a des moyens de contourner la démocratie. »

Florian Philippot, président des Patriotes, a publié un message sur Twitter :

« Jamais agréable pour la fierté nationale de voir d’anciens présidents en garde à vue : oui. Mais la vraie question est ailleurs : avez-vous le sentiment que les hommes installés à l’Elysée depuis pas mal de temps sont dignes de la fonction de président de la République ? »

lemonde.fr

ivoirois.com

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