À LA UNE ACTUALITÉ POLITIQUE — 02 octobre 2018
 
Depuis l’annonce de la loi d’amnistie à l’égard des réfugiés et prisonniers politiques en date du 06 AOUT 2018 par le Chef de l’Etat Alassane Ouattara, aucun réfugié n’a daigné regagner la Côte d’Ivoire.

Même, s’il est vrai que le Chef de l’état avait manifesté une volonté de réconciliation en libérant en masse les prisonniers politiques sans toute fois ériger cette ordonnance en loi d’amnistie, il n’en demeure pas moins que nous réfugiés, restons réticents quant à la sincérité du Chef de l’Etat d’aller à une réconciliation sincère et durable.

Pour preuve, les raisons qui nous ont conduit en exil non-seulement demeurent, mais les élections municipales et régionales en amplifiant nos craintes avec son corollaire de morts, nous donnent raisons.

En effet, selon la convention de Genève du 28 Juillet 19951 en son chapitre 1, article premier, au titre des dispositions générales dixit: « Est considéré comme réfugié, quelqu’un qui, par suite d’événements survenus avant le 1er janvier 1951 et craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. »

Les termes « persécutions » et « craintes » prennent tout leur sens quant à notre retour car nous constatons avec stupéfaction que le pays va de mal en pire. Emprisonnements, empoisonnements, arrestations arbitraires et à tête chercheuse, microbes, discours guerriers entre les alliés d’hier, chasses aux sorcières, paupérisations galopantes organisées, confiscation de bien d’autrui, gel d’avoir qui minent le quotidien des ivoiriens, sont autant de choses névralgiques et mortelles qui nous emmènent à avoir eu raison trop tôt de prendre le chemin de l’exil. Le refus de la libération des prisonniers militaires, le dégel utopique des avoirs, le refus de l’Érection de l’ordonnance en loi d’amnistie et le refus de réfection d’une CEI incompétente et ayant prouvé ses limites démontrent la mauvaise foi chosifiée d’un gouvernement aux aguets et en pleine dérive.

Un coup d’oeil d’ensemble laisse entrevoir clairement que l’annulation des mandats d’arrêts internationaux contre les réfugiés est un piège afin de mettre les réfugiés sous coupe réglée. Souvenons-nous qu’au Congo, cette même politique de retour des réfugiés avait été entreprise par le président Denis Sassou Nguesso. Comme par enchantement, le bateau censé ramener les refugiés, avait coulé au fond d’un fleuve avec pour conséquence, des centaines de morts. Résultat, Denis Sassou Nguesso est actuellement à 42 ans de règne sans partage.

Sinon, comment comprendre que le procureur général de Côte d’Ivoire, Adou Richard a promis encore de lancer des mandats d’arrêts internationaux contre des Ivoiriens surtout exilés, auteurs de faits dénonçant l’incompétence et la cruauté du pouvoir moribond d’Abidjan. N’ayant pas pu nous mettre grâce à internet, ni sous éteignoir, ni sous coupe reglée avec des informations mensongères recoupées et teleguidées par des « securocrates » et « technocrates » aux aguets, dignes d’un pouvoir en défection. Ce dernier a indiqué en ces termes que les ivoiriens vivant à l’extérieur ne sont pas à l’abri de sanctions: « Autant internet n’a pas de frontière et il n’y a pas de rédacteur en chef, il y’a la possibilité d’utiliser les mécanismes de répressions internationales… Nous avons des mandats d’arrêts internationaux qui peuvent être au besoin, être lancés contre ces personnes… Nous avons la possibilité de demander par commission rogatoire de nous ramener ces personnes lorsqu’elles sont ivoiriennes ».

C’est bien parce qu’aimant notre liberté de parole et craignant pour notre vie que nous sommes venus en exil.Aucun procureur ne pourra nous empêcher de critiquer le pouvoir d’Abidjan comme cela se fait dans tout pays démocratique. Il est clair que le pouvoir d’Abidjan a travers ses arrestations a tête chercheuse est dépassé par l’ampleur de notre résistance sur les réseaux sociaux. cette résistance qu’elle sous-estimait tant sur les réseaux sociaux, a pris le pas sur leurs médias d’état aux ordres. C’est pourquoi ils veulent nous empêcher de parler et de bailler sans tralalla, la main là sur la poitrine en dénonçant l’arbitraire, le despotisme, la dictature et l’ignominie aux antipodes de la démocratie en Côte d’Ivoire. Monsieur le procureur, je vous informe qu’au Cameroun, il y a 103 chaines de television et une liberté d’expression totale sur internet. Mais malgré cela, nous n’avons constaté aucun mort a leurs élections présidentielles contrairement aux nombreux morts lors de nos élections couplées municipales et régionales dans le même mois.

Qu’ils sachent qu’aucune génération ne pourra être soumise contre sa propre volonté car à la liberté d’action, répond la liberté de réaction. Aucun mandat d’arrêt ne pourra nous contrarier de dénoncer la frasque et la conjecture en Côte d’Ivoire.

Nous exilés, dans ces conditions refusons de rentrer en Côte d’Ivoire et aucun mandat d’arrêt ne pourra nous interdire de manifester notre engagement et notre attachement à la cause panafricaine comme conscience politique imprégnée de patriotisme et de progressisme et attentive au caractère capital et crucial de la résistance contre l’oppression. Une résistance à poser et à organiser de manière impérative à l’échelle panafricaine car l’âpreté et l’intensité des violences occasionnées par la lutte de puissance pourvoiriste d’Alassane Ouattara à travers ses brutalités vindicatives, nous y oblige.

Millé Claude Mrandjo,

Vice-président du #rezopanacom, Représentant Afrique Centrale de la Coalition des patriotes Ivoiriens en exil (COPIE).

Bild könnte enthalten: 1 Person, lächelndBild könnte enthalten: Excellence Zadi, Text

Share

About Author

(0) Readers Comments

Comments are closed.