À LA UNE POLITIQUE SOCIÉTÉ — 12 août 2019

Dans cette déclaration, l’Alternative Citoyenne Ivoirienne s’ inquiète de la menace que fait planer le gouvernement ivoirien sur la rentrée scolaire prochaine par ses sanctions contre les enseignants en plus de son refus de dialoguer.

Bien que la plate-forme COSEFCI (la Coalition du Secteur Éducation- Formation de Côte d’Ivoire) ait suspendu son mot d’ordre de grève depuis le mois de mars 2019, des salaires d’enseignants sont impayés et des comptes sont même gelés alors que le gouvernement refuse toute concession sur les revendications.

DÉCLARATION DE ACI RELATIVE A UNE MENACE SUR LA RENTRÉE SCOLAIRE PROCHAINE

I-LES FAITS

En janvier 2019,
Les enseignants regroupés au sein de la plate-forme COSEFCI (la Coalition du Secteur Éducation- Formation de Côte d’Ivoire) avaient entamé une longue grève pour dénoncer certaines injustices dont ils sont victimes. Lesquelles injustices portaient principalement sur cinq points à savoir:


-la revalorisation des indemnités de logements des instituteurs et professeurs du secondaire
-la suppression des cours de mercredi matin dans le primaire
-le relèvement au double de toutes les primes liées aux examens scolaires et la rémunération de la surveillance de ces examens
-le paiement de 500.000 francs CFA par enseignant ex-contractuel au titre des émoluments non perçus de janvier à mai 2014
– l’intégration à la fonction publique de 97 d’entre eux radiés en 2014 pour faits de grève
-la suppression de l’emploi d’instituteurs adjoints.

Grève qui avait été à maintes reprises reconduite.

Ainsi, dans le but de donner une chance aux négociations et sauver l’année scolaire, La COSEFCI avait suspendu, le 23 mars, son mot d’ordre de grève pour un mois. A l’issue de plus de 40 jours de discussions, elle n’a obtenu aucune avancée notable.
Pis, certains des leurs ont vu leurs comptes gelés, même les comptes d’épargne et certains mois sont toujours impayés. Sentant, le péril qui guette l’école ivoirienne, le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL PERMANENT DU FORUM DES ROIS D’AFRIQUE, TCHIFFY ZIÉ GERVAIS s’était proposé de jouer le médiateur entre le gouvernement et les enseignants grévistes. Ce qui a permis de sauver l’année scolaire, les enseignants ayant entièrement exécuté leur part d’engagements pris pendant les négociations.
Malgré ces bonnes dispositions, non seulement aucune revendication n’a été satisfaite, mais de surcroît, le gouvernement ne met en oeuvre aucun des engagements pris pendant les négociations. Ainsi, la mesure de suspension de salaire des enseignants grévistes n’a pas été levée.
À trois semaine de la prochaine rentrée scolaire 2019-2020, la COSEFCI a assigné en justice, l’Etat et les banques privées impliquées dans l’exécution de la suspension de salaire. Ce nouvel épisode, qu’on aurait pu éviter va une fois encore entraîner des échanges et des mouvements qui risquent de compromettre sérieusement la prochaine rentrée des classes, car les syndicalistes ne font plus confiance au gouvernement.

II NOTRE ANALYSE

l’école ivoirienne va mal et elle a perdu ses lettres de noblesse depuis des lustres, d’autant que des élèves et étudiants ont été sacrifiés sur l’autel de la médiocrité et des contre performances avec les grèves et les années blanches qui n’en finissent point et se succèdent inexorablement en Côte d’Ivoire sous le regard coupable du pouvoir actuel, et ce, au grand dam des parents d’élèves et étudiants qui ne savent plus à quels saints se vouer pour assurer à leurs rejetons une éducation digne de ce nom leur permettant de s’insérer dans la vie professionnelle.

La faillite de notre système éducatif est en grande partie imputable à l’état qui refuse tout compromis et tout dialogue.
À chaque fois qu’un mouvement de grève est lancé dans le secteur Education-formation, le gouvernement ou le ministère de tutelle ne semble pas prendre la situation à bras-le-corps pour la traiter avec diligence
Pour preuve l’année dernière nous avions constaté un silence radio du côté des autorités de tutelle. Mme la ministre Kandia Camara Kamissoko, Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle ne semblait pas pressée de trouver une solution à cette situation. Aucune déclaration, encore moins une rencontre prévue entre le ministère et les enseignants. De plus, il faut noter cette tendance du pouvoir à voir la main du politique dans toutes les revendications corporatistes.

III-NOTRE POSITION

Pour Alternative citoyenne Ivoirienne, d’ores et déjà le gouvernement et le ministère de tutelle doivent engager des discussions franches et sincères avec tous les acteurs de notre système éducatif sans exception aucune afin de lever tous les obstacles.
C’est le temps de mettre à profit les vacances pour engager un dialogue inclusif avec tous les partenaires de notre système afin de le sauver désastre.
Dialoguer n’est pas synonyme de faiblesse mais plutôt l’arme des grands esprits. Nous tirons la sonnette d’alarme afin que pour une fois nous ayions une année sans incidents.

Nous saluons et encourageons sa Majesté Tchiffy Zié à poursuivre les négociations pour sauver l’école ivoirienne.

Enfin, nous pensons qu’il est nécessaire d’organiser des états généraux sur le système éducatif pour sortir de cette spirale de grèves qui fragilise un système déjà moribond.

Fait à Abidjan, le 11 août 2019
Pour ACI, Armand KRIKPEU, Secrétaire général.

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