À LA UNE ACTUALITÉ POLITIQUE — 09 août 2018

Après des mois de suspense, le président Joseph Kabila a choisi Ramazani Shadary pour représenter le pouvoir à l’élection présidentielle du 23 décembre.

 
Le président Kabila respecte la Constitution et désigne son ministre de l’Intérieur comme son dauphin à l’élection présidentielle du 23 décembre prochain en République démocratique du Congo. Il s’agit de Ramazani Shadary.

 

Le président congolais Joseph Kabila a mis fin à un suspense devenu insoutenable ces dernières semaines. Il a désigné l’ex-ministre de l’Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat du Front commun pour le Congo, la plateforme électorale qu’il a lancée le 1er juillet dernier, à l’élection présidentielle prévue en décembre prochain.

 Bildergebnis für Emmanuel Ramazani Shadary

Confiance du chef

Dans le même temps, ce dernier devient de facto le dauphin que s’est choisi Kabila pour lui succéder. L’annonce a été faite ce mercredi 8 août, date butoir pour le dépôt des candidatures au scrutin présidentiel par Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement. Pourtant, Ramazani Shadary, 57 ans, et l’un des plus fidèles lieutenants du président Kabila fait partie de la quinzaine de personnalités congolaises visées par des sanctions de l’Union européenne pour entrave au processus électoral.

Avec ce choix, Joseph Kabila met fin aux nombreuses spéculations et respecte la Constitution qui lui interdisait un troisième mandat. À de nombreuses reprises, le chef de l’État congolais avait promis de respecter la Constitution congolaise qui limite à deux les mandats successifs du président de la République. Et Kabila d’assurer son avenir politique, puisqu’en modifiant les statuts du parti PPRD en janvier dernier un poste de président a été créé. Une fonction qui revient pleinement de droit à Joseph Kabila, son fondateur.

Un cacique du pouvoir et homme de terrain

Actuel premier responsable du parti présidentiel PPRD, Ramazani Shadary était jusqu’en février dernier ministre de l’Intérieur. Il doit déposer son dossier de candidature au siège de la commission électorale, a ajouté le porte-parole Lambert Mende en conférence de presse. Cacique du régime, député national dans la circonscription électorale de Kabambare, son fief électoral, dans la province du Maniema, il a été élu deux fois déjà. Et il comptait encore se représenter pour les élections législatives à venir. Finalement, le président Kabila en a fait son dauphin. « Il s’agit du camarade Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD né en 1960 dans la province du Maniema (est de la RDC), marié et père de huit enfants », a déclaré Lambert Mende en présentant brièvement le « dauphin » du président Kabila, 47 ans, qui ne pouvait pas se représenter d’après la Constitution. C’est le candidat « derrière lequel nous allons tous nous aligner », a insisté Mende, précisant que ce dernier est catholique et pratiquant. Un détail d’importance dans le contexte de crise actuelle. Puisqu’un collectif catholique avait annoncé trois jours de mobilisation à partir de dimanche si Joseph Kabila se présentait. La répression de ses trois marches interdites en début d’année avait fait une quinzaine de morts. « Que les médiocres dégagent », avait déclaré en début d’année l’archevêque de Kinshasa Mgr Laurent Monsengwo, en condamnant la répression.

Sur le site du PPRD, le portrait très élogieux du premier responsable du parti nous apprend qu’il a fait des études à l’université de Lubumbashi, à la faculté de Sciences sociales, administratives et politiques. Il est ensuite passé à l’université de Kinshasa où il est doctorant depuis 2015. Il n’est encore qu’un activiste lors de la conférence nationale souveraine, puis il devient administrateur de territoire, vice-gouverneur, puis gouverneur du Maniema sous Laurent Désiré Kabila. Membre co-fondateur du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) en 2002, il en devient secrétaire exécutif national en charge du processus électoral et de la discipline de 2005 à 2015. Mais c’est sa toute dernière mission à la tête du PPRD qui a permis à cet homme dont on dit qu’il connaît très bien le terrain d’être au cœur de tous les enjeux politiques.

La République démocratique du Congo (RDC), immense pays d’Afrique centrale et un des plus pauvres du continent en dépit de son fort potentiel minier, est dirigée depuis 2001 par Joseph Kabila. Investi à 29 ans président, après l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila par un garde du corps, Joseph Kabila est élu président en 2006 lors des premières élections libres depuis l’indépendance, puis réélu en 2011, lors d’un scrutin marqué par des violences et des fraudes.

Par

lepoint.fr

RD Congo : Ramazani Shadary, « l’oiseau rare » adoubé par Kabila pour la présidentielle

En vue de la présidentielle de décembre, le président congolais Joseph Kabila, qui ne pouvait pas se représenter conformément à la Constitution, a désigné mercredi son « dauphin », Emmanuel Ramazani Shadary. L’homme était déjà le numéro 2 du pays.

« L’oiseau rare ». C’est ainsi que le porte-parole du gouvernement congolais a présenté, mercredi 8 août, le dauphin choisi par Joseph Kabila : Emmanuel Ramazani Shadary, l’homme que le président de la République démocratique du Congo, au pouvoir depuis l’assassinat de son père en 2001, a désigné pour concourir à l’élection présidentielle prévue en décembre. Joseph Kabila ne pouvait pas, en effet, briguer un troisième mandat selon la Constitution.

Le président de la RD Congo connaît très bien Emmanuel Ramazani Shadary. Celui-ci occupait jusqu’à il y a peu les fonctions de vice-Premier ministre et de ministre de l’Intérieur et, en décembre dernier, il a été nommé secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le parti présidentiel. Un poste qui n’existait pas auparavant et qui a fait de lui la deuxième personnalité politique du pays.

« Monsieur coup sur coup »

Dans sa famille politique, Emmanuel Ramazani Shadary se fait appeler « Monsieur coup sur coup ». Sur son site internet officiel, l’intéressé assure que ce surnom lui vient de ses années étudiantes quand, dans les années 80, il cumulait les distinctions en sciences sociales, administratives et politiques à l’Université de Lubumbashi. Mais dans un article publié en mars dernier, l’hebdomadaire Jeune Afrique attribuait ce surnom à sa violente répression des marches anti-Kabila de décembre 2017 et janvier 2018, au cours desquelles plusieurs manifestants avaient été tués. Mais

Emmanuel Ramazani Shadary n’est quoiqu’il en soit pas favorablement connu des institutions européennes. Il fait partie des personnalités congolaises frappées en 2017 par des sanctions de l’UE pour violations des droits de l’Homme.

L’homme est en tout cas persuadé d’avoir un destin : sur son site, il raconte que le jour de sa naissance, « cinq mois après l’indépendance du Congo belge », en 1960, la sage-femme s’écria : « Il sera très éveillé et très intelligent ». Dans cette biographie, Emmanuel Ramazani Shadary se présente également comme « l’homme des situations difficiles ». Le scrutin présidentiel aura lieu le 23 décembre.

 

Vidéo par Thomas NICOLON

Texte par Alcyone WEMAËRE

france24.com

ivoirois.com

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