En dépit des nombreuses dispositions juridiques nationales et internationales relatives à la protection des droits des enfants, des millions d’enfants mineurs continuent de subir la violation de leurs droits en Côte d’Ivoire  et ce, dans les plantations de café et de cacao.

Premier et troisième producteur mondial de cacao et de café, la Côte d’Ivoire doit son essor économique au binôme café-cacao qui représente plus de 10% du PIB, 40% de l’offre mondiale, emploie 600.000 acteurs et fait vivre plus de 6 millions d’Ivoiriens.

En effet, depuis son accession à l’indépendance politique, la Côte d’Ivoire a fait le choix pour une économie agricole en raison de l’attractivité de la qualité de ses productions et de ses terres arables propices à la culture du café-cacao. Les plantations cacaoyères et caféières ivoiriennes sont un atout fondamental  pour l’essor économique de la Côte d’Ivoire ainsi qu’un capital social pour une amélioration qualitative de l’existence de ses populations.

Par ailleurs, l’économie de rente constituée du binôme café-cacao permet à la Côte d’Ivoire de maintenir sa puissance économique dans la sous région ouest africaine et devient du coup l’eldorado de bons nombres de ressortissants des pays africains qui immigrent vers la Côte d’Ivoire pour faire fortune, soit,  pour servir comme mains d’œuvres ou agriculteurs, soit encore pour se convertir en acheteurs de produits de rentes ou en négociants. 

Malheureusement, depuis 2000 les rapports des ONG de défense des droits de l’homme et des organismes de protection des droits des enfants ont épinglé la Côte d’Ivoire comme pays exploitant les enfants mineurs dans ses plantations de café-cacao. Sous le régime GBAGBO, des sanctions ont donc  été infligées à la Côte d’Ivoire suite à des campagnes diplomatiques, médiatiques et cinématographiques afin de diaboliser d’une part Laurent GBAGBO et d’asphyxier  économiquement, d’autre part, l’Etat de Côte d’Ivoire afin d’anticiper le départ de Laurent GBAGBO par des mouvements sociaux savamment planifiés par des pays occidentaux dont la France soutenue par ses satrapes locaux représentés par le PDCI-RDA et le RDR d’Alassane Ouattara.

Parvenu au pouvoir par les soins des puissances occidentales qui ont œuvré par tous les moyens pour la chute du social-démocrate Laurent GBAGBO, Alassane Ouattara est depuis peu sous la coupe de ses bienfaiteurs d’hier qui ont par le jeu de la communication et des ballets diplomatiques aiguisés des consciences corruptibles à exiger le départ de Laurent GBAGBO du pouvoir et laisser place au mentor de la rébellion armée qui a attaqué la Côte d’Ivoire en 2002 et plus loin en 2011.

En réalité, la question de l’exploitation des enfants dans les plantations de café-cacao en Côte d’Ivoire refait surface avec les rapports des organisations internationales comme l’Organisation international et du travail (Oit) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

Selon l’Oit, ce sont plus de 152 millions d’enfants de moins de 16 ans qui travaillent dans les plantations, tandis que l’Unicef évoque que ce sont 168 millions d’enfants qui y sont exploités. La situation reste plus dramatique sur le continent africain et particulièrement en Afrique de l’ouest.

En fait, les différentes organisations évoquent qu’en Côte d’Ivoire un tiers des enfants de six à neuf ans travaillent pour la récolte du cacao et ce sont les enfants de moins de 16 ans qui sont employés pour nettoyer les plantations et appliquer des traitements phytosanitaires ou ouvrir les cabosses de cacao. Aussi, selon un récent rapport de l’Unicef, plus d’un quart des enfants de 5 à 14 ans en Côte d’Ivoire travaillent pour contribuer au revenu de leurs familles, la moitié d’entre eux ne vont pas à l’école et la plupart des autres enfants n’ont ni la force ni le temps de profiter d’un enseignement même occasionnellement.

Si la situation est alarmante en Côte d’Ivoire, elle l’est d’autant plus au Ghana en dépit du silence coupable des dirigeants qui feignent de l’ignorer pour donner bonne presse de leur régime. Le régime d’Abidjan qui hier en faisait ses choux gras pour vilipender le pouvoir de Laurent GBAGBO reste impuissant à apporter une solution à cet état de fait qui plombe la crédibilité de l’Etat de Côte d’Ivoire quant au respect des mécanismes juridiques relatifs à la protection des droits des enfants. Cet état de fait, qui au regard du droit humanitaire constitue un délit dans la catégorie des Violences Basées sur le Genre (VBG) ne saurait être admis dans les coopérations de financement au titre des aides au développement. La Côte d’Ivoire déjà épinglée dans la négation de la démocratie et de la mal gouvernance, vient d’être présentée une fois de plus comme mauvaise élève en matière de respect des droits des enfants.

Et pourtant, ce sont des milliards du contribuable ivoirien que l’Etat de Côte d’Ivoire injecte pour le financement de projets sociaux  pour sauver les enfants aux travers des ONG de défense des droits des enfants et des ONG à caractère humanitaire, à titre d’exemple, celle de Dominique Ouattara l’ONG Children Of Africa  jouit du statut d’ONG d’utilité publique et bénéficie d’une importante subvention de la part de l’Etat ivoirien, aussi,  la société nationale Croix-Rouge Côte d’Ivoire bénéficie d’une subvention de la part de la République de Côte d’Ivoire. Mais fort curieusement, les enfants en Côte d’Ivoire sont encore exploités et chosifiés dans les plantations ivoiriennes.

En fait selon l’Unicef, ils sont utilisés à travailler dans des conditions intenables pour nettoyer les plantations, ouvrir les cabosses de cacao et appliquer des traitements phytosanitaires.

Les chantres de l’émergence ont-ils oublié que les enfants méritent d’être protégés contre toute forme de violence ? Le respect du droit des enfants et l’élimination de la traite des enfants sont ils inscrits au chapitre de l’émergence de la Côte d’Ivoire ?

De plus, la paupérisation très avancée des populations ivoiriennes ne justifie t-elle pas  le travail des enfants dans les plantations pour servir de bras valides ?

En réalité, les enfants en Côte d’Ivoire sont fortement utilisés à tous les niveaux pour servir de mains d’ouvres pour des besognes lucratives au profit de gourous tapis dans l’ombre et l’on les retrouve dans l’orpaillage clandestin devenu officiel, les plantations de café-cacao et d’anacarde ainsi que dans les milices  entretenues communément appelées « enfants microbes ». Au sortir de la crise politico- militaire qu’a connu la Côte d’Ivoire, le sort des enfants en Côte d’Ivoire s’est davantage dégradé et la délinquance juvénile prend des proportions on ne peut plus inquiétante là où le régime d’Abidjan brandit un indice de sécurité  impressionnant.

La traite des enfants en Côte d’Ivoire ne justifie t-elle pas la faillite de l’Etat ivoirien ?

Adingra OSSEI 

ivoirois.com

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