À LA UNE POLITIQUE — 24 août 2019

L’OPPOSITION IVOIRIENNE SE DRESSE CONTRE LE PRESIDENT DE LA COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE

MOUSSA FAKI MAHAMAT PARLE EN SON NOM

Résultat de recherche d'images pour "Moussa Faki MAHAMAT"

Après sa sortie relative à la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) de la Côte d’Ivoire, Monsieur Moussa Faki MAHAMAT fait l’objet depuis peu des indignations et mécontentements de la classe politico-civile ivoirienne. Du moins de l’opposition significative ivoirienne.

La journée du jeudi 22 août 2019, reste marquée par des tirs groupés contre le président de la Commission de l’Union Africaine suite à son immiscion dans l’affaire CEI opposant le pouvoir ivoirien contre l’opposition ivoirienne demanderesse d’une application stricto sensu de l’Arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) aux fins de préserver la Côte d’Ivoire d’une nouvelle crise post-électorale.

D’une déclaration à l’autre le refrain reste le même à savoir l’intrusion personnelle de MAHAMAT dans une affaire juridique dont les parties concernées, en particulier l’Etat de Côte d’Ivoire et l’opposition ivoirienne  (FPI et PDCI et leurs alliés et la société civile) en attente du verdict de la Cour, saisie d’une part par l’APDH et d’autre part par les groupes parlementaires de l’opposition.

En effet, l’APDH (Action pour la Protection des Droits de l’Homme), aux lendemains de la crise post-électorale de 2010, a saisi la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples(CADHP) à l’effet d’obtenir une réforme et une recomposition de la CEI. La cour, se prononçant en novembre 2016, a enjoint l’Etat de Côte d’Ivoire à réformer la CEI en profondeur à l’issue de discussions inclusives des acteurs politiques et de la société civile.

Mais, dans une démarche solitaire et incongrue, l’Etat de Côte d’Ivoire a entrepris qu’une recomposition des membres de la CEI en foulant aux pieds l’esprit et la lettre de l’Arrêt de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Opérant un forcing, le pouvoir d’Abidjan a écarté tous les acteurs politiques et de la société civile ivoirienne avant de faire adopter par les deux chambres du parlement ivoirien la nouvelle loi relative à la réforme et recomposition de la CEI, loi qui finira par être promulguée par le suzerain le 5 août dernier.

Saisie à nouveau par l’opposition ivoirienne, la Cour devra statuer en prenant en compte la forme et le fonds des recours à lui formuler avant de rendre son Arrêt qui jouit d’une force obligatoire aux parties prenantes y compris bien entendu l’Etat de Côte d’Ivoire.

C’est dans cette crise juridico-judiciaire que, selon l’opposition ivoirienne Monsieur Moussa Faki MAHAMAT s’est permis de prendre hâtivement position au mépris du peuple ivoirien en exprimant sa satisfaction vis-à-vis de la nouvelle recomposition de la CEI.

Pour l’opposition ivoirienne, en particulier le Cri-Panafricain, cette sortie est dangereuse, aventureuse, irresponsable et inopinée. Plus loin, il soutient que « Monsieur Faki sera responsable des conséquences qui pourraient en découler par la mise en place de cette CEI encore déséquilibrée, avec des troubles et dérives qu’elle pourrait occasionner lors des élections générales de 2020. »

Par ailleurs, dans une déclaration commune au président en exercice de l’Union Africaine, le Président ABDEL FATTAHL-SISSI, la FIDHOP, le RPCI- AC et le NPR exigent la démission du président de la Commission de l’Union Africaine aux motifs que ses propos tenus sont maladroits et graves et sont susceptibles d’engendrer des conséquences néfastes sur l’avenir sociopolitique de la Côte d’Ivoire dans la perspective de l’élection présidentielle de 2020. Aussi, estiment-ils que sa position ( Moussa Faki) est hâtive et partisane. Tout en rappelant au président ABDEL FATTAHL-SISSI le rôle ô combien noble de l’Union Africaine fille de la défunte OUA, la FIDHOP, le RPC-CI-AC et le NPR exigent la démission de Moussa Faki MAHAMAT afin de donner à l’Union Africaine, son rôle de médiatrice impartiale dans les crises internes aux Etats membres de l’Union.

En outre, pour la plateforme Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), aux dires de son vice président chargé des affaires juridiques maître DAKO ZAHUI Toussaint, Monsieur Faki s’est exprimé qu’en son nom propre et non pour le peuple de Côte d’Ivoire car, une analyse tenant à la forme et au fond de ses propos n’engage nullement le peuple de Côte d’Ivoire qui reste dans l’attente de la décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples saisie par les ivoiriens.

Les groupes parlementaires PDCI- RDA, Rassemblement et Vox Populi dans une déclaration commune déplorent eux aussi la déclaration du Président de la Commission de l’Union Africaine, jugée inappropriée et rappellent que « l’exposé des motifs n’est que la partie d’un projet ou d’une proposition de loi qui a pour but de présenter les raisons de fait et de droit qui justifient, selon son auteur l’adoption du texte. Il ne saurait donc être assimilé à la loi, c’est-à-dire le texte adopté par le parlement et promulgué par le Président de la République »  

Les déclarations qui fusent de toutes les officines de l’opposition ivoirienne contre la sortie hasardeuse du président de la Commission de l’Union Africaine relative à la réforme de la CEI, attestent de la vivacité de l’opposition ivoirienne à ne pas faiblir si tôt dans sa posture de combat contre la violation des principes démocratiques susceptibles de conduire la Côte d’Ivoire dans une énième crise électorale.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la question de la réforme de la CEI au regard des injonctions de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples reste la prunelle des yeux de l’opposition ivoirienne fortement préoccupée au salut de sa jeune République affaissée du fait de l’échec du processus de réconciliation nationale savamment planifié par le régime d’Abidjan avec sa politique de rattrapage.

L’alternance démocratique souhaitée par une opposition éclairée et majoritaire reste pourtant étouffée par un pouvoir minoritaire qui a pour seule arme les arrestations arbitraires.

A ce stade de la lutte des forces vives ivoiriennes contre la tentative d’un passage en force de OUATTARA, toutes les cartes doivent être jouées et ce, au niveau politique, diplomatique et judiciaire afin de faire échec aux esprits corrompus qui tiennent les rênes des institutions africaines.

Moussa Faki MAHAMAT pyromane ou mythomane ?

Adingra OSSEI

Share

About Author

(0) Readers Comments

Comments are closed.