À LA UNE POLITIQUE — 06 décembre 2018

Les masques sont tombés!

 

Réjouis-toi Côte d’Ivoire!

 

Les masques sont tombés!

A quelques jours de la reprise du procès Gbagbo, les juges de la Cpi reçoivent un important message.
Claudine Hermine Cojan, Journaliste française indépendante a envoyé un message poignant aux juges de la Cpi concernant Gbagbo
Ce qui leur est demandé après le 19 novembre

CPI LES MASQUES SONT TOMBÉS "LIBÉREZ GBAGBO"Plaidoirie de Claudine Hermine Cojan,Journaliste et Humanitaire #Réalisation : Fréjus Koffi

Geplaatst door Fréjus Koffi op Zondag 11 november 2018

 

 
Claudine Hermine Cojan, journaliste française indépendante et lanceuse d’alerte des droits de l’homme, s’est spécialisée dans la couverture du conflit en Côte d’Ivoire. A quelques jours de la reprise du procès de Gbagbo à la Cpi, elle a adressé un message audio poignant et émouvant aux juges de la Chambre de première instance I. qu’elle a intitulé, « Ma plaidoirie pour Gbagbo ».
Dans ce message audio que nous avons retranscrit, elle demande à Cuno Tarfusser et ses collègues de dire le droit, rien que le droit pour libérer la Côte d’Ivoire, l’Afrique des mains de ces princes du monde. Assoiffés des richesses naturelles et minières du continent noir.
 

Les masques sont tombés,

réjouis-toi Côte d’Ivoire!

Les masques sont tombés!

Bientôt, bientôt la fin du procès. Bientôt, bientôt, ils diront le droit.
Et s’ils ne le font pas, ils tomberont tous, ces rois. Ils tomberont tous ces rois. Le président Gbagbo est derrière les barreaux, déporté à la Cpi, enchainé après avoir été bombardé par nos militaires onusiens, par nos militaires français et par leurs mercenaires. Vous avez bombardé Gbagbo, le soleil du matin, l’élu de la république. Vous avez fait de lui, un forçat.
Un forçat, le père de la démocratie ? Oui vous, oui nous. Avec nos soldats.
Vous, les onusiens, vous les démocrates, vous les riches en cravate, vous avez donné le feu vert pour reprendre l’Afrique. Vous avez arrêté gbagbo, déporté, enchaîné dans le bagne infernal, isolé de La Haye.
 

L’hiver est tombé sur l’Onu, sur la démocratie et sur la justice dite internationale pour du pétrole, du cacao, des forêts.

Pour vos conquêtes militaires et coloniales et du fric. Vos milices traquent, torturent, violent, déportent. Un million de gens du pays ont dû fuir aux frontières en 2011 dans vos camps de concentration que vous dites pieusement humanitaires. Tandis que des mercenaires prennent d’assaut leurs maisons, leurs terres, rasent leur histoire, décapitent leur lendemain. Pétrole brut, cacao, or et misère noire. Est-ce ainsi que nous avons à vivre à genoux en prière face au démon ? Le peuple attend la fin de sa misère, la fin du complot onusien. Le retour de Gbagbo.
Torturés, enlevés, violés, déportés dans des camps aux frontières, ils sont débout tous accusés d’avoir osé la démocratie au parvis des droits de l’homme à Paris, ils fixent avec foi celui qu’ils ont cloué comme un agneau qu’on envoie à la boucherie, lui Gbagbo. Celui qui est resté sous les bombes onusiennes. Lui sur qui le Seigneur de l’univers a posé sa main pour libérer l’Afrique de ses boulets aux pieds et des chaines du destin. «Il y a des millions de Gbagbo en Afrique » Il est là-bas comme un vulgaire sanguinaire, traité comme un vulgaire sanguinaire. Depuis sept hivers déjà. Vous volez, depuis vous volez toutes leurs terres. Le pétrole, le cacao, l’or. Tout ce qu’il y a dans le sous-sol jusqu’à leur histoire. Vous volez tout ce que vous trouvez dans l’océan atlantique et bientôt vous leur ferez payer l’air qu’ils respirent. Vous affamez les enfants, vous exilez les parents dans des camps que vous dites humanitaires.
Derrière les frontières et vous vous plaignez quand ils viennent à travers la mer réclamer justice, réclamer le droit, réclamer le pain. À la place de ce vide qui est plus lourd, la pierre dans leur ventre. Messieurs les juges, messieurs les juges de la Cpi, monsieur le juge Tarfusser, vous qu’on dit les compétents, vous qu’on dit les plus grands, les plus hauts, vous qui êtes très très bien payés pour entasser des montagnes de papiers sur lequel sont écrits des accusations farfelues. Des accusations qui ne tiennent pas. Des mensonges, des kilos de mensonges. Vous messieurs les juges, vous messieurs les juges de la Cpi, vous qu’on dit les compétents, rendez justice. Rendez justice sans trahir l’humanité. Ne soyez pas les complices de ces milices installées, de ces démons d’acier qui dominent le monde aujourd’hui pour refaire de l’Afrique une vaste plantation. Pour trier les gens, les sélectionner faire quelques diplômés, développer la misère, créer des bas-quartiers, exploiter les terres pour les autres. Les affamer, voler tous leurs poissons pour qu’ensuite ils meurent. Qu’il n’y ait plus d’enfants, qu’il n’y ait plus de contestation, qu’il n’y ait plus de Gbagbo. Mais des Gbagbo, monsieur Tarfusser, messieurs les juges, il y en a des millions en Afrique. Des millions en Afrique.
 
Quand un peuple a les yeux ouverts. Et, en trente ans Gbagbo les a ouverts. Quand un peuple a résisté sous les bombes, quand un peuple a vu son président résister sous les bombes, pour maintenir bien droite et fière sa constitution, ses lois que l’on s’est données. Avec la liberté d’expression et les urnes. Croyez-vous que demain, ils ne vous jetteront pas la pierre ? Croyez-vous que demain, ils resteront serviles, à genoux, domestiques, amoureux, amoureux du blanc ? Ce blanc qui, quand il arrive, piétine tout sur son passage. Installe ses zones 4 et ses bases militaires. Non ! Messieurs les juges, rendez la justice parce que si vous ne rendez pas la justice, c’est l’humanité toute entière qui aura voulu ce pourquoi elle est solidaire. C’est que tous les hommes sur notre terre blessée, ont les mêmes droits de vivre et d’exister, messieurs les juges. Ce n’est pas ressembler aux français, ce n’est pas les mimer.
 
Exister messieurs les juges, ce n’est pas comparer. Exister, c’est les laisser faire sur leurs terres, c’est les laisser installer leur démocratie. Et croyez-moi messieurs les juges, elle est bien plus vivante. Quand Gbagbo était là en tout cas, elle était bien plus vivante que dans nos pseudo-démocraties européennes où l’on soupire assis, affalés sur des sièges pour contourner le droit à longueur de journées, pour exporter son argent ailleurs, pour exploiter la misère et la sueur du migrant que l’on a créé volontairement. « Messieurs les juges, libérez Gbagbo, libérez l’Afrique de ces boulets aux pieds »
 
Messieurs les juges,
Dîtes le droit.
Dîtes le droit pour vos enfants, car après ce sont les nôtres.
Dîtes le droit pour nos frères car ce sont les nôtres.
Dîtes le droit pour qu’à Paris, le parvis des droits de l’homme soit enfin un parvis honorable.
Dîtes le droit pour que les princes de ce monde, n’aient plus gain de cause quand ils appellent à leur secours l’Onu en leur mentant, leur montrant une toute petite chose.
En leur montrant des bobards, des vidéos et que tout ça finisse par être découvert. Car, c’est ainsi messieurs les juges et vous le voyez bien. Tout pot aux roses est un jour, découvert.
Alors, jugez maintenant messieurs les juges,
libérez Gbagbo, libérez l’Afrique de ces boulets aux pieds.
Libérez l’Afrique des chaines qu’elle traine dans les mains car elle ne baissera pas les yeux.
Elle ne baissera plus les yeux.
 
Soyez fiers, soyez fiers face au destin qui est le vôtre. Soyez fiers, honorables de la justice internationale. Ne jugez pas pour les margoulins qui ont truqué le jeu à la cour pénale internationale. Ne jugez pas pour accorder encore des concessions à tous ces planteurs sans état d’âme ceux qui font travailler les enfants, ceux qui exploitent les dockers pour faire transporter chez nous, le cacao de la misère.
 
Laissez-les fabriquer leur chocolat, laissez-les fabriquer leur café.
Laissez-les créer leurs richesses, laissez-les transformer leurs pays comme hier l’Afrique du sud.
Laissez donc vivre la Côte d’Ivoire afin que tous les pays de la région en profitent et que l’humanité s’en trouve redressée.
Sinon monsieur le juge, Inch’Allah, arrivera ce qui arrivera ! Les peuples se soulèveront main dans la main, l’Afrique se libèrera. Et plus jamais, plus jamais, ne regardera sa grande-sœur Europe comme ils disent souvent avec un autre regard que celui du mépris. Car croyez-vous monsieur le juge Tarfusser, qu’en 2018 on regarde encore son violeur avec condescendance ? Non ! Non !
Sept ans. Sept ans, qu’ils sont affamés.
Sept ans qu’ils sont traqués.
Sept ans qu’ils sont surveillés.
Sept ans qu’ils ne peuvent plus parler.
Sept ans de misère.
 

Avez-vous touché les torturés ?

Avez-vous mis vos mains comme je l’ai fait dans les mollets brisés par des marteaux avec des clous rouillés ?
Oui, des syndicalistes, des érudits, des chefs de villages, des mères. Avez-vous vu ces camions dans la rue, ces rebelles assassins en descendre attraper par la chemise le monsieur qui est là juste à étaler sa marchandise ?
Les avez-vous vus faire ? Moi je les ai vus monsieur le juge Tarfusser et je puis le dire et le redire et je viendrai le dire si vous gardez Gbagbo avec vous.
Avez-vous vu des hélicoptères français dans le ciel et les hélicoptères onusiens, les avez-vous vus se poser à Bouaké, transporter les rebelles jusqu’à Duékoué où en moins d’une journée, ils ont éradiqué plus d’un millier de personnes femmes et enfants y compris. « Un peuple qui a connu la démocratie ne fera plus jamais machine arrière » Avez-vous vu monsieur le juge Tarfusser, les yeux vides, le regard décharné, ces hommes qui sortent des camps, des camps anonymes soi-disant, décharnés ?
Ces hommes qui n’ont plus vu la lumière depuis plus d’un an et tout d’un coup redécouvrent les bruits de la rue devenus vagabonds. Seuls, puisqu’il n’y a plus personne au village, puisque tout le monde est en exil. Où aller, puisque tout le village est occupé et puisqu’il ne reste qu’un vieux. Un vieux, il n’a pas pu partir, il voulait mourir là. Ils sont venus tous ces rebelles, ils prennent le village, ils ont installé leurs gens. Des pauvres gens qui n’avaient plus de quoi dans le pays voisin, qui était tenu lui aussi par un autre dictateur. Qui leur en voudrait ? Chacun sauve sa peau, chacun a faim et c’est la guerre.
 

Libérez Gbagbo, monsieur le juge-président.

Libérez Gbagbo ! Car, qui ne vous dira pas la vérité?
Qui ne vous dira pas sous Gbagbo malgré la guerre, malgré les attaques des mercenaires, malgré les rebelles et l’aide que l’armée française leur fournissait, nous n’avions pas faim?
Les salaires étaient payés, ceux des fonctionnaires sans interruption.
La dette se remboursait.
Alors cherchez l’erreur messieurs les juges et demandez-vous, qu’est-il arrivé à la Côte d’Ivoire depuis 2011 ?
Depuis que l’Onu l’a remise entre les mains de Sarkozy, de sa bande, de quelques riches.
Qu’est-ce qui s’est passé ?
Les gens ont faim ! Les gens ont faim ! Et un peuple qui a faim, un peuple qui a connu la démocratie ne fera plus jamais machine arrière.
Monsieur le juge Tarfusser, dois-je dire que c’est le destin de l’Afrique qui est entre vos mains ?
Où dois-je conclure en disant que c’est le vôtre, que c’est le mien à nous européens qui est entre vos mains ?
Propos retranscrits par Fabrice Tété
Claudine Hermine Cojan,
Journaliste française indépendante
« Pour ceux qui voudraient mon texte ou version audio demandez moi. »
7 ans d’enquêtes autour de cette guerre atroce faite par l’état francais à la côte d’ivoire ….
7 ans à interroger des milliers de victimes si courageuses pour rester debout en prison en exil ou au pays passé aux mains des milices fascistes envoyées vous asservir pour nos intérêts ..
TOUT se résume dans ma PLAIDOIRIE POUR GBAGBO parue version papier dans Le Temps .
 
Claudine Hermine Cojan.
12 novembre 2018.

ivoirois.com

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