À LA UNE Dossiers POLITIQUE — 22 août 2018
Le 6 août dernier, dans le cadre des festivités nationales ivoiriennes, Alassane Ouattara a annoncé l’amnistie de plusieurs centaines de prisonniers politiques – dont on réfutait l’existence depuis avril 2011 -, en particulier celle de la linguiste, députée et co-fondatrice du FPI et par ailleurs épouse de Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo. Le geste a été, globalement, salué, chacun convenant qu’il allait dans le bon sens, celui de la réconciliation. Au bout de sept ans.

Enfin, presque tout le monde…

Depuis la crise postélectorale achevée par le coup d’état franco-onusien du 11 avril 2011, à La Haye ou à Abidjan, seuls les Gbagbo et les pro-Gbagbo ont été jugés et emprisonnés. (Ajoutons que seuls les pro-Gbagbo sont par milliers encore aujourd’hui réfugiés dans des camps sordides, au Ghana, au Bénin, au Liberia). Il n’est toujours question, ni à La Haye, ni à Abidjan de juger les Ouattara et les pro-Ouattara. Au moins a-t-on libéré une Gbagbo et quelques centaines de pro-Gbagbo. Il n’y a toujours pas d’équilibre, mais le déséquilibre peut sembler suffisamment moindre pour rassurer les bailleurs et tuteurs occidentaux. Un rapport récent de l’UE a eu l’effet de détromper leurs élites sur le néo-miracle ivoirien…

 

La libération de Simone Gbagbo et celles de 800 autres prisonniers politiques, a, à Abidjan et ailleurs, dans les médias comme sur les réseaux sociaux, provoqué passion, enthousiasme et commentaires. Comme la décision de Ouattara a suscité spéculations et interprétations. A-t-il voulu affaiblir son partenaire politique du PDCI en regonflant le moral d’un FPI toujours divisé ? A-t-il donné des gages au président de l’Assemblée nationale, son ancien homme de mains, le menaçant Guillaume Soro, dont un proche a été élargi, pardon amnistié, lui aussi ?

 

Après s’être félicité de voir libre l’ancienne Première dame ivoirienne, d’aucun comme le prédécesseur de G.Soro, Mamadou Koulibaly, ancien du FPI et proche de Simone Gbagbo, aujourd’hui à la tête du libéral Lider, se sont interrogé sur twitter à propos de la régularité d’une décision non soumise au Parlement ivoirien. Koulibaly ne regrettait pas la libération de Simone Gbagbo, il dénonçait le fait du Prince, le caractère éminemment autoritaire et dictatorial du geste : qui a le pouvoir de libérer hors du droit a donc aussi celui d’enfermer hors du droit.

 

Bref, les articles, reportages, débats et posts abondent.

 

Une tribune se distingue néanmoins, reprise sur le site de Human rights watch et signée par le gotha des ONG : Ligue ivoirienne des droits de l’Homme – LIDHO ; Mouvement ivoirien des droits humains – MIDH ; Action pour la protection des droits humains en Côte d’Ivoire – APDH ; Réseau acteurs ivoiriens des droits humains – RAIDH ; Coalition ivoirienne des défenseurs des droits humains – CIDDH ; Club Union Africaine Forum de la société civile ouest-africain Côte d’ivoire – FOSCAO-CI ; Organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire – OFACI ; Human Rights Watch – HRW ; Fédération internationales des droits de l’Homme – FIDH ; Amnesty international – AI.

 

Une tribune dont le titre est éclairant : 2010-11 ! L’amnistie annoncée ne doit pas concerner les crimes de guerre et contre l’humanité

 

Lisons-la de plus près.

 

« Aucune amnistie ne devrait s’appliquer aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres graves violations des droits humains commises en Côte d’Ivoire pendant la crise post-électorale de 2010-2011, ont déclaré aujourd’hui onze organisations de défense des droits humains ivoiriennes et internationales. »

 

1) depuis 2011, les seuls jugés-condamnés sont des Gbagbo ou des pro-Gbagbo.

2) quid des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres graves violations des droits humains commises depuis le réel début de la crise ivoirienne : septembre 2002 et la tentative de coup d’état orchestrée par les rebelles sous le commandement d’un Soro devant tout à Ouattara ? Quid des gendarmes massacrés de Bouaké auxquels Jacques Vergès consacra un ouvrage en 2005 ? Quid des victimes collatérales de la barbouzerie française du camp Descartes en novembre 2004 (l’admirable Me Balan, avocat des familles des soldats français est en train de réussir à obliger des ministres français à répondre de leurs actes) ? Quid des populations de l’ouest (wé, guérés…), régulièrement massacrées, de 2002 à nos jours, en des proportions et selon des modalités proprement génocidaires ? Amnesty international a pourtant documenté ces massacres à l’ouest, y compris ceux qui ont suivi la crise postélectorale, comme ceux perpétré à Nahibly, qui avaient pour vocation de finir le boulot en faisant disparaître les derniers témoins.

 

« Contredisant tous ses engagements en faveur de la justice pris depuis 2011, le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé le 6 août qu’il accordait l’amnistie à 800 personnes accusées ou inculpées de crimes liés à la crise de 2010-11 ou aux attaques contre l’État qui ont suivi, parmi lesquels pourraient se trouver des personnes présumées responsables des crimes les plus graves. 
Ouattara a précisé que l’amnistie ne s’appliquerait pas à soixante militaires et membres des groupes armés ayant commis des « crimes de sang » au cours des violences post-électorales. »

 

Quelqu’un dans la salle imagine-t-il que ces « soixante militaires et membres de groupes armés ayant commis des « crimes de sang » au cours des violences post-électorale » sont des pro-Ouattara ?

« Violences post-électorale »… qui semblent décidément bien constituer la seule période à considérer pour nos chères (très chères) ONG.

La suite est supérieure en comique tragique :

 

« Pourtant, les juges ivoiriens ont déjà inculpé bien plus de 60 personnes pour les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre relatifs à la crise post-électorale, y compris des responsables militaires et politiques des deux côtés du conflit, et l’annonce du président ne clarifie pas lesquelles d’entre elles devront faire face à la justice. »

 

Ah bon ??? Il y a des responsables militaires et politiques DES DEUX côtés du conflit qui ont déjà été inculpés par les juges ivoiriens !!! Des hommes ou des femmes appartenant aux forces pro-Ouattara et ayant commis des méfaits durant la crise post-électorale ivoirienne ont été arrêtés, jugés et inculpés ? Qui ? Quand ? Où ? Par qui ? N’ont-ils pas plutôt été protégés, rétribués et parfois promotionnés pour leurs actions ? Les rédacteurs de cette tribune étaient-ils à ce point sûrs qu’elle ne serait pas lue pour y laisser passer semblable énormité ? Ou n’a-t-elle été écrite qu’à destination d’Occidentaux, d’Européens, de Français, capables de subventionner une ONG mais pas d’enquêter, de simplement vérifier les dires et affirmations de celle-ci ?

 

« Décider, après sept années de procédure judiciaire impliquant des centaines de victimes et d’auteurs présumés, que seules soixante personnes répondront à la justice est non seulement une décision arbitraire, mais c’est aussi un geste de mépris vis à vis des victimes si cela permet aux auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité d’échapper aux poursuites », ont déclaré les onze organisations. »

 

Décider après sept années de procédures judiciaires… dans un seul sens, ne visant et ne touchant qu’un seul camp !!! C’est ce processus claudiquant de naissance que les ONG voudraient défendre contre la décision d’amnistie de Ouattara ? Mieux vaut un processus inique, une justice absolument de vainqueurs que… rien du tout ? Parlez-en aux familles des « prisonniers politiques », ce terme que vous répugnez tant à employer.

Mesdames les ONG, qu’est-ce qui, selon vous serait le plus profitable à la réconciliation en Côte d’Ivoire : annuler l’amnistie et continuer de regarder un seul camp être jugé (et de quelle manière !) comme c’est le cas depuis sept ans… ou accepter l’amnistie décidée, certes unilatéralement, par Ouattara et profiter de l’apaisement pour réactiver les enquêtes et obtenir qu’une justice équitable et impartiale soit rendue ?

La suite dépasse l’entendement.

 
« La crise de 2010-2011 a éclaté lorsque le président en fonction à l’époque, Laurent Gbagbo, a refusé de céder le pouvoir à Ouattara à la suite de l’élection présidentielle de novembre 2010. »

Nous y voilà. La question que posait Gbagbo en début de crise lorsqu’il proposa pour la première fois qu’on recompte les suffrages : qui a gagné l’élection de 2010 ? Celui qui a gagné avait le droit et la légitimité politique pour lui. Plus aucun des observateurs occidentaux ne miserait aujourd’hui son salaire sur la victoire de Ouattara en 2010. On a même vu, il y a déjà de nombreux mois, sur TV5 Monde le king des africanistes, Vincent « Petrol Han » Hugeux, si sûr du triomphe de Ouattara, dans L’Express, sur son hilarant blog ou dans les multiples émissions où on l’invita, s’effondrer face aux révélations de notre consoeur Fanny Pigeaud, auteure d’un livre d’une telle solidité qu’Hugeux a fini par lui demander en fin d’Afrique Presse si un jour on saurait qui a gagné ces fameuses élections…

Nos chères, nos si chères ONG, n’ont pas comme Vincent Hugeux un tout petit doute, finalement. Elles enfilent comme un jean’s un peu serré pour leurs grosses fesses et leurs grasses cuisses la version franco-onusienne. Gbagbo a refusé de céder le pouvoir, disent-elles… sans doute ce qui leur permet de valider la justice des vainqueurs en dénonçant sa non-application ?

Ce qui suit, venant de Human rights watch seulement, ne nous aurait guère surpris. Cette ONG, beaucoup plus puissante car globalisée que le comique Office des droits de l’homme syrien. Une ONG qui « couvrait » la crise ivoirienne par l’intermédiaire d’une photographe basée au Kenya, nous apprit alors un politologue progressiste français bien connu chez les pro-Gbagbo. Cette ONG spécialisée : 1) dans le dénigrement des régimes dérangeant l’ordre mondial washingtonien ; 2) dans la mise en circulation d’informations, chiffres et documents douteux.

 
« Au cours des six mois de violence et de conflit armé qui ont suivi, au moins 3 000 personnes ont été tuées et plus de 150 femmes violées. »

La tarte à la crème des « 3 000 morts de la crise ivoirienne ». Avec en cerise obscène ces « plus de 150 femmes violées ». Bla bla bla. Une estimation pondue courant mars 2011 pour en accabler d’autant l’évident « responsable » pour les Occidentaux : le président en fonction… Laurent Gbagbo. On aimerait savoir sur quelles enquêtes repose ce chiffre rond comme un score. 

La comptabilité macabre n’accable que ceux qui en usent. Plus encore lorsqu’ils tordent la réalité : de l’avis de nombre d’observateurs et familiers de la crise, il y a eu bien plus de « 3 000 morts » entre fin novembre 2010 et juin 2011.

Les morts des deux camps directement liés aux combats.

Ceux de la guerre civile permanente dans les quartiers populaires d’Abidjan.

Les ethniquement massacrés de Duékoué.

Les victimes de l’embargo médicamenteux.

Celles des taulards voyous de la MACA opportunément libérés à qui on offrit la capitale.

Celles qui par centaines se regroupaient aux abords de la résidence présidentielle, jeunes patriotes (devenant des « miliciens » dans les médias français) se prétendant boucliers humains, qui subirent de plein fouet les bombardements acharnés des dix derniers jours…

Alors, imaginez combien ils sont, les morts ivoiriens, les femmes ivoiriennes violées, depuis 2002…

La novlangue de la « communauté internationale », des communicants, lobbyste et journalistes en bandoulière, nos ONG reprennent de plus laide :

 
« Les forces armées des deux camps ciblaient les civils sur la base de leur appartenance politique et parfois ethnique et religieuse. »

Même la procureuse de la CPI, la ravissante Fatou Bensouda, peine depuis plus de six ans à remplir un dossier permettant d’accuser Gbagbo d’avoir ordonné que soient ciblé et tué des civils… mais nos ONG, elles, ça aussi, elles peuvent le faire !

Pour ce qui est des pro-Ouattara ayant ciblé les civils, nul doute que nos ONG ont déjà enquêté et ne manqueront pas d’équilibrer très vite les débats judiciaires par leurs contributions, témoignages et analyses. Elles manquent un peu à ce jour.

Il est donc plus urgent, on l’a compris, de remettre Simone Gbagbo et les 800 prisonniers politiques à l’ombre que de produire des enquêtes, mener des actions et obtenir justice et réparations pour les victimes des Ouattara et pro-Ouattara. Il est vrai que les Gbagbo et pro-Gbagbo ayant droit à la justice des vainqueurs, leurs amis et familles, victimes des Ouattara et pro-Ouattara, ont droit elles à des dommages et intérêts et à une considération de vaincus.

Là, autant vous prévenir, ça va devenir très dégueulasse.

 
« Le gouvernement ivoirien a créé une Commission nationale d’enquête (CNE) pour identifier les crimes commis entre 2010 et 2011, ainsi qu’une Cellule spéciale d’enquête et d’instruction (CSEI) pour poursuivre ceux présumés responsables. »

Mais les Gbagbo et les pro-Gbagbo enfermés depuis avril 2011, ils étaient « présumés responsables » ou accusés-condamnés ? Où sont les Ouattara, Soro et pro-Ouattara notoires emprisonnés parce que « présumés responsables » ?

 

« Après des années de travail, la cellule spéciale a inculpé plus de 150 personnes pour des « crimes de sang, » y compris des alliés de Ouattara aussi bien que de Gbagbo. »

Où, quand, comment, qui ? Même la syntaxe devient oiseuse : « y compris des alliés de Ouattara aussi bien que de Gbagbo. » On dirait du chti éthylisé.

Bouchez-vous le nez, ce qui suit pue vraiment.

 

« Pour l’attaque de Duékoué en mars 2011, par exemple, où plus de 300 personnes ont été tuées par les forces pro-Ouattara, une vingtaine de personnes est mise en cause. »

Feu Gaetan Mootoo a du se retourner dans sa tombe. Lui qui pour Amnesty international s’est littéralement tué au travail, ainsi que l’a écrit sèchement et justement Edwy Plénel, n’aurait jamais ainsi laissé travestir les faits et la vérité dans une tribune co-signée par son organisation. Amnesty, comme on l’appelle, du vivant de Mootoo, admettait pourtant communément qu’à Duékoué les forces pro-Ouattara, pour parler poliment de chefs et chiens de guerre, avaient fin mars 2011 massacré au moins 800 personnes, et plus sûrement plus de 1 000 en tout.

 

« Une vingtaine de personnes a également été inculpée pour la répression des manifestations à Abidjan par les forces de défense et de sécurité pro-Gbagbo. Plusieurs dizaines de personnes, du camp Gbagbo et celui de Ouattara, ont été inculpées pour les attaques à Yopougon, une commune d’Abidjan, pendant la crise post-électorale et plus de 80 personnes pour l’attaque sur un camp de personnes déplacées à Nahibly en 2012, y compris des chasseurs Dozos, des civils et des membres de l’armée ivoirienne. »

Que viennent faire les morts de Nahibly de 2012 dans une tribune supposément consacrée, c’est assez répété, à la crise post-électoral de 2010-2011 ? Noyer le poison des mensonges et compromissions ? Les cris des victimes de Nahibly hanteraient-ils nos ONG au point de faire dévier leur propos.

 

« Le droit international exige des États qu’ils poursuivent les auteurs des crimes graves, tels que les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, afin que les droits de victimes à la vérité, à la justice et aux réparations soient respectés. »

Que nos ONG ne dénoncent-elles pas l’univoque justice ivoirienne, plutôt que de réclamer, de fait, le retour derrière les barreaux des amnistiés.

 

« Les principaux traités internationaux auxquels la Côte d’Ivoire est partie – y compris la Convention contre la torture, les Conventions de Genève et le statut de Rome de la Cour pénale internationale – imposent que les auteurs présumés de crimes soient poursuivis. »

Gbagbo est à La Haye, non ?

Ce sont Ouattara, Soro et les pro-Ouattara qui manquent à l’appel.

 

« Une amnistie pour crimes graves serait également contraire aux principes constitutifs de l’Union Africaine et à la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples. 

Le président Ouattara a promis à plusieurs reprises que la justice sera rendue aux victimes, déclarant en avril 2015 que : « Tous ceux qui ont commis des atrocités seront jugés […]. Je trouve inacceptable que les gens qui ont tué, brûlé vif des gens ou violé des femmes, continuent à se comporter comme s’ils étaient des anges, comme s’ils n’avaient rien fait de mal. »

Le 9 mai 2018, en réponse à une lettre de nos organisations, le Procureur Général s’était engagé à la tenue rapide de procès.

Si le gouvernement ivoirien revient désormais sur ses engagements répétés de poursuivre les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, cela ouvre la voie à des procédures judiciaires devant les juridictions régionales et internationales où les lois d’amnistie ne sont pas reconnues », ont déclaré les onze organisations. » 

« Désormais » veut dire quoi, ça commence quand ? C’est en 2018 seulement, en amnistiant 800 prisonniers politiques, dont Simone Gbagbo, que le gouvernement ivoirien « revient sur ses engagements répétés de poursuivre les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité » ou depuis 2011 ?

 

« Le gouvernement devrait au contraire garantir, en lien avec la Cellule spéciale d’enquête et d’instruction, que l’amnistie ne s’applique pas aux individus mis en causes pour les crimes les plus graves », ont-elles ajouté.

A la demande du président Ouattara et de l’Etat de Côte d’Ivoire, la Cour pénale internationale est elle aussi en train d’examiner des crimes commis à la fois par les forces pro-Gbagbo et pro-Ouattara pendant les violences de 2010-11. »

Pourquoi, très chères ONG, prétendre qu’actuellement à La Haye on examine aussi les crimes commis par les forces pro-Ouattara ? Si c’est pour admettre vous-même à la ligne suivante :

« Ainsi Laurent Gbagbo est actuellement poursuivi par la CPI au côté de Charles Blé Goudé, un de ses proches alliés, pour crimes contre l’humanité. »

Pas le début de la queue d’un Ouattara.

 

« Jusqu’ici, le gouvernement ivoirien a refusé le transfèrement de l’épouse de Gbagbo, Simone, vers la Haye, arguant que les tribunaux ivoiriens étaient désireux et tout à fait capables de juger les affaires liées à la crise post-électorale. Simone Gbagbo devait ainsi être rejugée par la Cour d’assises d’Abidjan pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, puisque son acquittement, prononcé en mars 2017, a été cassé par la Cour suprême en juillet. Malgré cela, Ouattara a placé Simone Gbagbo, qui purge une peine de prison de 20 ans pour d’autres crimes liés à la crise post-électorale, sur la liste des personnes qui bénéficieraient de l’amnistie, jetant ainsi le doute sur la volonté réelle du système judiciaire ivoirien de la juger pour son rôle supposé dans des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre. »

Il y a une chose qu’on ne peut plus faire, c’est avoir le moindre doute sur le sombre dessein des ONG : il faut ré-enchrister Simone Gbagbo !

 

« L’histoire de la Côte d’Ivoire montre à quel point l’impunité encourage la violence politique et les atteintes aux droits humains. À l’approche de l’élection présidentielle de 2020, une amnistie pour les crimes les plus graves de la crise post-électorale de 2010-2011 adresserait un dangereux message, selon lequel les leaders politiques qui ont recours aux atroces pourront échapper aux sanctions ».

 

N’est-ce pas pourtant, pour Ouattara, Soro et les pro-Ouattara exactement ce qu’il se passe depuis 2002 ? 

En guise de conclusion, la perle… La photo choisie par HRW pour illustrer la tribune des ONG est pourvue d’une légende. Une légende qui contredit de fait le propos des ONG tout le long de la tribune. Une légende qui accuse « des forces pro-Ouattara » de l’un des « pires massacres commis lors de la crise » et rappelle que « personne au sein des force pro-Ouattara n’a été arrêté ». HRW a réussi un exploit lexical en écrivant une légende qui dit la vérité.

 

G.P.

par Grégory Protche Gri-Gri InternationalONG Côte d'Ivoire Gri-Gri International HRW Simone Gbagbo Ouattara

legrigriinternational.com

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