À LA UNE POLITIQUE — 20 juin 2018
Washington s’est retiré ce mardi 19 juin du Conseil des droits de l’homme de l’ONU en accusant l’institution basée à Genève d' »hypocrisie » et de parti pris contre Israël.

C’est un coup de tonnerre. Les États-Unis se sont retirés ce mardi 19 juin du Conseil des droits de l’homme de l’ONU en accusant l’institution basée à Genève d' »hypocrisie » et de parti pris contre Israël. Une décision aussitôt dénoncée par des organisations de défense des droits humains.

« Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d’une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l’homme un sujet de moquerie », a lancé devant la presse à Washington l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley, aux côtés du secrétaire d’État Mike Pompeo.

« Pendant trop longtemps, le Conseil des droits de l’homme a protégé les auteurs de violations des droits de l’homme et a été un cloaque de partis pris politiques », a-t-elle ajouté. Nikki Haley et Mike Pompeo ont insisté sur le fait que les États-Unis resteraient un héraut des droits de l’homme dans le monde mais, pour beaucoup, cette décision reflète la défiance du gouvernement américain envers les organismes multilatéraux.

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Une décision notamment en défense d’Israël

Cette annonce intervient au lendemain de vives critiques du Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein contre la politique « inadmissible » et « cruelle » des autorités américaines de séparation d’enfants de leurs parents sans-papiers à la frontière mexicaine. Mais Nikki Haley et Mike Pompeo ont assuré que la décision était liée à l’échec des tentatives de réforme du CDH.

Le CDH a été créé en 2006 pour promouvoir et protéger les droits humains à travers le monde mais ses rapports ont souvent contredit les priorités américaines. En particulier, le fait qu’Israël soit le seul pays au monde ayant un point fixe (appelé point 7) à l’ordre du jour de chaque session, soit trois fois par an, provoque la colère des États-Unis.

Washington, dont le mandat au Conseil s’achevait en principe en 2019, avait aussi réclamé que l’exclusion des États membres commettant de graves violations des droits de l’homme soit votée à la majorité simple et non aux deux tiers, et que le processus de sélection des États membres soit renforcé. « Et le biais continu et bien documenté du Conseil contre Israël est inadmissible. Depuis sa création, le Conseil a adopté plus de résolutions condamnant Israël que contre le reste du monde », a assuré le secrétaire d’État Mike Pompeo.

Human Rights Watch critique un nouveau repli

Si l’ambassadeur d’Israël à l’ONU Danny Danon s’est réjoui de ce retrait et a remercié les États-Unis pour leur refus « de la haine aveugle à l’égard d’Israël dans les institutions internationales », le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a dit qu’il « aurait préféré que les États-Unis restent au Conseil des droits de l’homme« , a déclaré son porte-parole. Quant à l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW), elle a vivement critiqué ce nouveau repli.

Depuis l’arrivée début 2017 du républicain Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis se sont retirés de l’Unesco, ont coupé plusieurs financements à des organes de l’ONU et ont annoncé notamment leur retrait de l’accord de Paris sur le climat et de l’accord nucléaire avec l’Iran endossé par les Nations unies.

Le départ des États-Unis du Conseil des droits de l’homme n’est pas une première. Il y a douze ans, l’administration du républicain George W. Bush avait déjà boycotté le CDH, avant que le démocrate Barack Obama ne décide d’y faire participer son pays à nouveau.

Sarah Ugolini

Sarah Ugolini et AFP

rtl.fr

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