À LA UNE CULTURE POLITIQUE SOCIÉTÉ — 10 janvier 2016

 

 

 

 

 

IL Y EUT UN SOIR

Il y eut un soir
Un soir de sinistre mémoire
Un soir où du septentrion
Un tourbillon violent de rude saison
S’empara de notre calme terroir
Le transformant en cruel mouroir.
Il y eut un soir
Un soir de frayeur noire.
Ce fut un soir démoniaque
Chargé de scènes cauchemardesques
Criblant la nation de plombs, de rafales
De brasiers et de folies infernales.
Ce soir-là
Brutalement, tout s’arrêta.
Au contact féroce et ravageur
Du tourbillon au cours destructeur.
La vie s’était éteinte, calcinée
Pour laisser la mort plastronner.
Ce soir-là
Tout se décomposa.
Des torrents de sang ont coulé
Pour se mêler aux larmes salées
Partout c’était la consternation
Et la Patrie a subi l’invasion.
Ce fut le chaos.
Le laid prit la place du beau.
Et le mal régna en dominateur.
L’ordre fut renversé sans pudeur
Avec une coalition étrangère armée
Qui acheva le crime contre la souveraineté.
Les princes oints ont été dévêtus
Leurs maisons mises à nu.
Les terres ont été occupées
Les richesses dévastées.
Le peuple béni d’Eburnie a été décimé
Ou contraint à l’exil, désarmé et ruiné.
Ce fut un sombre soir.
Un soir de la chute de nos gloires
Et de nos libertés conquises bravement
Un soir de grands bouleversements
Où fut cassée notre patriotique résistance
Marquant la fin d’une ère et d’une existence.
Il y eut ce soir-là.
Un soir inoubliable. Loin de là !
Un soir où nous avons connu la nudité
Et qui a vu sombrer notre nationalité.
Ce soir-là sera toujours un repère
Dans notre histoire qui s’opère.
Car, la nuit ne put être totaleLumière et ténèbres
Et notre sort ne put être fatal.
Des rayons de soleil ont jailli
Se libérant des serres de la nuit
Pour annoncer la régénération
Par une nouvelle création.

LAZARE KOFFI KOFFI 1lumière-ténèbres-SoleilLazare KOFFI KOFFI.
(Extrait de S’IL Y EUT UN SOIR, IL Y AURA UN MATIN)

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