À LA UNE POLITIQUE — 09 juillet 2019

La 45ème Session de l’Assemblée Parlementaire Francophone (APF) se tient au Sofitel-Abidjan (Côte d’Ivoire) depuis le 5 Juillet 2019 et Amadou SOUMAHORO a été élu président de l’APF dans la matinée du 8 Juillet 2019 en absence de Guillaume SORO, député de Ferkessédougou et vice président de l’organisation.

Dans une déclaration sur sa page tweeter, Guillaume SORO donne largement les raisons de son absence à la 45ème Session de l’APF qui s’est tenue aux bords de la lagune ébrié.

Subitement attaché à la règle de droit, Guillaume SORO qui a libéré sous forte pression et intimidation le « tabouret parlementaire » depuis le 8 février 2019, est devenu opposant au régime d’Alassane OUATTARA. Arborant difficilement son nouveau statut dans un pays qui marche vers la pensée unique, l’ex-chef rebelle par moments réussit à lancer des piques contre la gouvernance et les agissements du régime d’Abidjan.

En effet, devenu un opposant « gênant » au régime, SORO critique vivement les dérives dictatoriales, la mal gouvernance, la précarité sociale des ivoiriens, la destruction du tissu social, l’échec patent de la réconciliation des ivoiriens, la faillite de l’Etat et la négation de la démocratie qui sévissent en Côte d’Ivoire. En somme, Guillaume SORO, l’ex allié de OUATTARA met à nu l’échec du régime d’Abidjan d’asseoir les paradigmes de la construction de l’émergence en Côte d’Ivoire ainsi que de la promotion des valeurs démocratiques nécessaires à l’établissement d’une société moderne.

Par ailleurs, SORO explique son absence à la 45ème Session de l’APF aux motifs de vouloir marquer son désaccord aux pratiques antidémocratiques en cours au sein de l’organisation parlementaire et de sa volonté de rendre hommage au droit auquel il est profondément attaché.

En réalité, appelé à succéder à l’actuel président de l’APF au regard des dispositions statutaires de l’organisation, SORO a été écarté de la course à la présidence de l’APF au profit de Amadou SOUMAHORO  candidat officiel de l’Etat de Côte d’Ivoire et de certains Etats inspirés à passer le relais à un honorable ayant les mains pures et non ensanglantées. La tête de SORO a donc été sacrifiée au profit du prestige de l’organisation bien que la règle de droit lui consacrait la présidence de l’APF. Le choix de porter Amadou SOUMAHORO aux rênes de l’organisation parlementaire traduit inéluctablement l’isolement et le déclin politique de Guillaume SORO tant au niveau interne qu’international. Les pseudos alliés de SORO dans son combat contre Amadou SOUMAHORO ont dû trahir la parole donnée pour préserver le fauteuil de la présidence de l’APF contre toute tâche ignoble et immorale.

En revanche, Guillaume SORO encore dans les nuages et bercé par une illusion soigneusement  entretenue espère faire triompher le droit à sa cause par sa seconde saisine en référé des juridictions compétentes pour dire le droit au fond, car entend t-il préserver l’organisation des agissements non démocratiques qui frisent la règle de droit et portent atteinte au crédit de l’APF.

De plus, SORO soutient que toutes ses saisines se situent dans sa logique de rendre hommage au droit contre la volonté de certains Etats qui veulent utiliser l’APF comme un instrument d’anéantissement de leurs citoyens jugés indésirables et en la matière, il est l’une des victimes des agissements de l’exécutif ivoirien qui veut l’anéantir à tous les prix par son intervention dans le fonctionnement de l’APF.

En clair, la diplomatie gagnante de OUATTARA a vaincu Guillaume SORO qui s’accroche désespérément à la règle de droit qu’il a lui-même violé en attaquant l’Etat de Côte d’Ivoire de 2002 à 2011 aux motifs subjectifs et démentiels. Dès lors, comment appréhende t-il la notion de respect de la règle de droit ?

Guillaume SORO entend t-il faire respecter le droit à sa cause ? Alors que l’histoire encore récente de la Côte d’Ivoire attristée pendant de longues années le présente comme  auteur de crimes odieux, de massacres, de pillages, de viols, de voles en bandes organisées et d’exterminations des populations ivoiriennes.

 Evoquer le respect de la règle de droit pour espérer devenir président de l’APF reste un challenge pour Guillaume SORO qui est de plus en plus solitaire et exposé aux poursuites judiciaires. Le risque de perdre donc son immunité parlementaire en Côte d’Ivoire et d’être exposé à l’épée de Thémis au plan international pour crimes contre l’humanité, l’ex allié de OUATTARA ne cesse de rappeler qu’il est légalement président statutaire de l’APF bien qu’ écarté de l’organisation de la 45ème Session qui se déroule en Côte d’Ivoire.

L’élection d’Amadou SOUMAHORO à la tête de l’APF ne traduit-elle pas l’isolement et la fin de Guillaume SORO ?

En d’autres termes Tchomba ne livrera-t-il pas Bogota à la justice internationale ?

Adingra OSSEI

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