« Je vais demander personnellement  au Président Alassane Ouattara de faire en sorte que les enseignants patriotes viennent enseigner et ceux qui ne veulent pas enseigner seront radiés et remplacés. » C’est en ces termes que Kandia Camara a menacé les enseignants en grève depuis Ouragahio. Elle a par la suite produit un communiqué ce mardi 14 Mai 2019 pour les convoquer à une rencontre après avoir constaté que la grève est effective dans les écoles.


GRÊVE DES ENSEIGNANTS EN CÔTE D’IVOIRE

KANDIA CAMARA MENACE DEPUIS OURAGAHIO « Trop c’est trop, ça ne peut pas continuer! »

Suspendue depuis le 23 mars 2019 afin de donner une chance à la négociation avec le gouvernement ivoirien, le mot d’ordre de grève des enseignants de Côte d’Ivoire réunis au sein de la COSEFCI (Coalition Secteur Education Formation de Côte d’Ivoire), a été levé depuis le mercredi 8 mai 2019 au cours d’une Assemblée Générale Extraordinaire en raison du dilatoire et de la ruse du gouvernement ivoirien sur la question de la satisfaction des revendications des enseignants.

Annoncée pour ce mardi 14 mai 2019, la grève des enseignants du préscolaire au secondaire du secteur public, intervient à un mois du début des examens à grand tirage prévus théoriquement dans le mois de Juin.

En effet, après avoir débrayé les salles de classes pendant deux mois (25 janvier-23 mars ) au prix des menaces de radiation, de la suspension de leur salaire, du gel de leur compte, des arrestations, des emprisonnements, des brutalités policières et de toutes sortes de mépris, les enseignants au cours d’une Assemblée Générale Extraordinaire avaient levé le mot d’ordre de grève le 23 mars 2019 afin de décrisper l’atmosphère très délétère et faire confiance au gouvernement ivoirien dans la satisfaction totale ou partielle de leurs revendications corporatives qui se résument pour l’essentielle à la revalorisation de leurs indemnités de logement, à la suspension des cours de mercredi, à la revalorisation des primes de surveillance des examens, à la suspension du recrutement des instituteurs adjoints titulaires du Brevet d’Etude du Premier Cycle (BEPC) et de la prise en considération du droit des enseignants contractuels.

La COSEFCI, entend reprendre la grève du 14 au 17 mai renouvelable et ce, afin d’interpeller le gouvernement de sa volonté manifeste d’obtenir des résultats probants dans un cadre de discussion sincère et constructif.

Fort curieusement, c’est la ministre de l’Education nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle qui depuis Ouragahio le 12 mai 2019 au cours de la cérémonie d’inauguration du collège moderne de Brihi dans la sous-préfecture de Bayota et des visites des travaux des voiries de la commune de Ouragahio qui lance les menaces aux enseignants en ces termes « Tout enseignant qui se mettra en grève en Côte d’Ivoire à partir de mardi (14), va assumer les conséquences ». Avant d’ajouter que « Trop c’est trop, ça ne peut pas continuer !»

Car selon elle, « Il y a dix jours de cela, les syndicats sous notre tutelle et nous, sommes retrouvés à Bassam pendant 4 jours pour nous accorder sur les points de discussion. L’étape d’après, nous sommes retrouvés à Abidjan pour finaliser le rapport de Bassam et nous avons pris du retard parce que celui-là même qui vient de lancer le mot d’ordre de grêve M. ATTABY a attendu une semaine avant de signer le rapport » et qu’une trêve sociale de (5) cinq ans liait les enseignants et l’Etat de Côte d’Ivoire.

En d’autres termes, il ne peut y avoir de grêve étant donné que le gouvernement joue pleinement sa partition en vue d’apporter une suite favorable aux revendications des enseignants dans un esprit collégial eu égard du rapport de Bassam dont le contenu reste jusque là inconnu du monde du secteur éducation -formation.

Toutefois, dans sa perception des choses actuelles au travers du mot d’ordre de la reprise de la grêve, elle s’interroge de l’attitude des syndicalistes à savoir s’ils sont venus dans l’enseignement par vocation ou pour s’amuser ou encore pour faire de la politique.

Le ton plus que menaçant de la patronne de l’éducation nationale à Ouragahio augure des lendemains incertains quant à l’avenir de ces milliers d’élèves encore dans l’attente de leurs notes et leurs moyennes de classe qui sont toujours confisquées par leurs enseignants à quelques semaines de la fin de l’année scolaire en Côte d’Ivoire. Aussi, les examens à grand tirage sont ils annoncés dans un climat d’incertitude avec la reprise de la grêve et du discours martial de la ministre Kandia CAMARA.

Par ailleurs, les enseignants quant à eux, dans une posture de combattants aguerris et acharnés n’entendent pas baisser la garde et perdre ce combat débuté bien avant 2018 tout en justifiant de la pertinence de leurs revendications et de leur respect scrupuleux de la procédure du droit de grève en Côte d’Ivoire.

Ayant été volontairement et consciemment ignorés par le gouvernement ivoirien le 1er mai 2019 par le premier ministre Amadou Gon COULIBALY, représentant le chef de l’Etat Alassane OUATTARA, il apparaît amplement que l’Etat de Côte d’Ivoire n’envisage pas accorder un intérêt satisfaisant à la pression des syndicats d’enseignants tant de la COSEFCI que de la CNEC. En revanche, c’est la voie de la reforme du droit de grêve dans le secteur public qui est envisagé et ce, en vue de museler et chosifier à souhait les fonctionnaires ivoiriens.

Aussi, les enseignants du supérieur réunis au sein de la CNEC (Coordination Nationale des Enseignants du supérieur et Chercheur) entendent ils reprendre la grève le 20 mai 2019 au motif, selon le secrétaire général Professeur Johnson Kouassi ZAMINA que le gouvernement n’a examiné aucune de leurs revendications et qu’à aucun moment la CNEC et le gouvernement ne se sont assis pour plancher sur le sujet. Car ça n’intéressait pas l’Etat.

En fait, les enseignants chercheurs réclament entre autres : De nouveaux salaires conformément au système LMD, de nouveaux taux horaires, de nouvelles primes de recherche, la suppression du décret de 1976 et son remplacement par un autre décret et la mise aux normes LMD des infrastructures universitaires.

Au regard de ces remous dans le secteur éducation et formation en Côte d’Ivoire, les parents d’élèves et les élèves restent plus que préoccupés de l’issue de cette crise sectorielle qui entache la crédibilité des parchemins et de la formation du système éducatif ivoirien.

En réalité, à court de solutions pour faire face aux revendications des braves enseignants qui par sacerdoce ont enduré tant de sacrifices inhumains afin d’accomplir leurs missions messianiques d’inculquer le savoir, le gouvernement ivoirien par la voie de la ministre

Kandia CAMARA en charge de l’éducation nationale brandit la menace et la ruse contre ceux-ci.

Kandia CAMARA, dans la conscience populaire ivoirienne, loin de posséder les qualités et compétences requises pour diriger le prestigieux ministère de l’éducation nationale n’a de cesse étalé depuis 2011 ses carences intellectuelles teintées d’une maîtrise approximative de la langue française. L’école ivoirienne confiée donc à Kandia CAMARA pour les ivoiriens, atteste de la volonté d’Alassane OUATTRA de tuer le creuset de la formation des élites ivoiriennes. Former au rabais la jeunesse ivoirienne et tuer les vocations à l’enseignement, telles sont les missions assignées à la sulfureuse Kandia CAMARA qui n’hésite pas à se dresser contre toutes revendications des élèves et des enseignants.

Quelles solutions pour sauver l’école ivoirienne en banqueroute ? Epineuse question qui taraude l’esprit des ivoiriens conscients que le gouvernement reste persuadé de remplacer les enseignants grévistes par son vaste recrutement social de plus de 10.000 enseignants.

Adingra OSSEI (Correspondant Pays)

COMMUNIQUE DU MINISTÈRE DE L’EDUCATION NATIONALE DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE

Le 05 avril 2019 Monsieur le Premier Ministre, Ministre du budget et du portefeuille de l’Etat, Chef du Gouvernement, recevant tous les syndicats du secteur éducation-formation avait défini un cadre de discussion des points de revendications en vue de l’apaisement du climat social dans les établissements scolaires et universitaires. Ce cadre a pris en compte la tenue d’un atelier à Grand-Bassam du 10 au 13 avril 2019, consacrant l’aboutissement du processus d’échanges déjà entamé au niveau du Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.


Ainsi, suite à la production du rapport de synthèse des travaux dudit atelier qui lui a été remis et conformément à la procédure convenue d’accord parti, Mme Kandia Camara Ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle convoque tous les responsables syndicaux signataires ayant pris part à l’atelier, le vendredi 17 mai 2019 à 15 heures au Cabinet du ministre sis au 28è étage de la Tour D.

Mme KANDIA CAMARA
MENETFP

ivoirois.com

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