À LA UNE À SAVOIR Dossiers POLITIQUE — 10 octobre 2019

Ce document exclusif explique les raisons de la présence des forces armées françaises et des groupes djihadistes dans les pays sahéliens. À la base était l’Organisation commune des Régions Sahariennes (OCRS) créée en 1957.

La France en créant l’OCRS avait en vue non pas la préservation des traditions touaregs, mais l’annexion des ressources immenses du Sahara pour assurer les intérêts politiques, stratégiques, économiques, commerciaux et industriels de la France coloniale.

Le plan de l’OCRS pour le Sahara

Dans les cercles impérialistes français (intellectuels, politiques, économiques), naissent au début des années 50, à propos du grand désert du Sahara qui fascine, des idées expansionnistes. Désormais, le Sahara n’est plus seulement cette étendue d’ergs et de regs, inhospitalière, impropre à la vie.

Quelques personnes averties par les recherches menées des décennies plus tôt, avaient compris tout le parti que la France pourrait tirer de l’accaparement du Sahara et de ses richesses. On commença donc à parler de nationaliser le Sahara, de le constituer en territoire ou département français.

La mise en valeur du Sahara visait donc à assurer les intérêts politiques, stratégiques, économiques, commerciaux et industriels de la France coloniale.

Les milieux politiques et économiques s’activent, s’associent pour réaliser ce que le chef du gouvernement français, Maurice Bourges-Maunoury nommait le « miracle saharien » La France en mettant la main sur les ressources sahariennes, espérait se hisser au moins au niveau des grandes puissances du moment : USA et URSS. La mise en valeur du Sahara visait donc à assurer les intérêts politiques, stratégiques, économiques, commerciaux et industriels de la France coloniale.

Le Sahara est en effet un immense dépôt de ressources naturelles, à commencer par les énergies solaire et éolienne. Parmi les minerais connus figurent : le charbon, le fer, le gypse, la mirabilite, la glauberite, les phosphates, l’uranium, le platine, le cuivre, le nickel, le zinc, l’étain, le plomb, le lithium, le diamant, l’or, le manganèse. D’énormes quantités de pétrole et de gaz sont enfouies sous les sables. Et, contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’eau constitue une des ressources les plus importantes du Sahara.

Le SAHEL

Sous le Sahara dorment d’immenses réserves d’eau: la mer intérieure, dite mer de Savornin (800.000 km2 et 50 milliards de m3), le bassin de Kattara (3milliards de m3). On estime que la plus grande nappe va de la Mauritanie à la Somalie, en passant par le Mali, le Niger, l’Algérie, la Libye, le Tchad, le Soudan et l’Éthiopie.

Dans l’optique de l’accaparement… Susciter l’installation d’industries extractives et de transformation, créer des ensembles industriels.

Dans l’optique de l’accaparement indiqué plus haut, l’Assemblée nationale française vote le 29 décembre 1956, la loi portant création de l’organisme chargé de la mise en valeur du Sahara. Le 10 janvier 1957, la loi créant l’Organisation commune des Régions Sahariennes (OCRS) est promulguée. Le 12 juin 1957, un Ministère du Sahara est créé.

A l’OCRS étaient assignés les objectifs suivants :
1. Promouvoir toute mesure propre à améliorer le niveau de vie des populations et assurer leur promotion sociale dans le cadre d’une évolution qui devra tenir compte de leurs traditions ;
2. Préparer et coordonner les études et les inventaires, établir et mettre en œuvre un plan d’infrastructures ;
3. Susciter l’installation d’industries extractives et de transformation, créer des ensembles industriels.

Le territoire de l’OCRS devait comprendre des parties de l’Algérie, du Tchad, du Mali, et du Niger.

Pour constituer l’OCRS, il fallait donc amputer les pays cités de certaines parties de leurs territoires. Soucieux de l’intégrité de leurs territoires, tous les pays concernés s’opposèrent au projet.

Au Niger, le Sawaba au pouvoir dès 1957 déclare que: « Le Niger ne souscrire jamais à une décision qui aurait pour conséquence un découpage politique ou administratif au détriment de notre pays »
Au congrès du RDA (septembre 1957), les délégations du Niger, du Soudan (Mali) et du Tchad votent une motion de protestation par laquelle elles rejettent « toutes tentatives de territorialisation de l’ensemble des zones soumises au régime particulier de l’OCRS » et « toutes mesures tendant à opérer une ségrégation entre populations nomades et populations sédentaires »

Au Mali, la question de l’OCRS se posera de manière plus virulente. En 1957, au moment où se dessinait l’indépendance des pays africains, un ancien chef de la tribu des Kel Antessar fit parvenir une lettre à tous les chefs de tribus, par laquelle il demandait de refuser toute fusion avec des Noirs, au sein d’un même État.

En 1958, le gouverneur général des colonies Pierre Messmer (plus tard, premier ministre de Georges Pompidou) visite le Soudan ((Mali). Au cours de cette visite, le chef touareg des Kel Antessar revendique – avec, semble-t-il la bienveillance du Gouverneur général – l’indépendance de la zone saharienne afin d’y créer une République.

Les intentions sécessionnistes vont conduire à un conflit opposant le gouvernement de Modibo Keita aux Touaregs de l’Adrar des Iforhas; conflit qui débutera en 1962, et qui se terminera en 1964, avec l’intervention de l’Algérie BET du Maroc aux côtés du gouvernement malien.

Avec l’éclatement du conflit malien, le refus de la plupart des chefs touaregs de suivre le mouvement sécessionniste, l’opposition des pays concernés par le projet de mise en valeur du Sahara, l’OCRS et la volonté française de contrôler directement les ressources du Sahara échoue. L’OCRS est en effet liquidée par décret, le 26 mai 1963.

Ce que les pays africains redoutaient par-dessus tout, c’était la création au milieu de l’Afrique, d’un État ethnique. Selon un rapport de la chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal : « l’astuce consistait donc à faire miroiter aux yeux vers ethnies blanches la promesse de ne pas subir le commandement des ethnies noires ».

Si l’OCRS n’est plus, les richesses du Sahara dorment encore sous les terres des pays qui se partagent le grand désert. Les convoitises de la France ne se sont pas éteintes, et à ces convoitises d’autres convoitises occidentales et orientales se sont ajoutées.

Aujourd’hui, le Sahara est occupé par des forces étrangères. Des puissances occidentales ou non, y interviennent. Des mouvements islamistes y prospèrent grâce à des trafics multiples. Des velléités sécessionnistes sont présentes, d’autres pourraient, si on ne prend garde, voir le jour.

Ailleurs, au Proche-Orient, en Syrie, on a vu des conflits éclater, on a vu des forces étrangères intervenir. On a aussi vu des mouvements islamistes en grand nombre, des terroristes former légions, des trafiquants et des rebelles œuvrant ensemble, et des intentions sécessionnistes grandir.

Mais ce que l’on ne dit pas assez, c’est que cet amalgame se fait autour des ressources que sont le gaz et le pétrole. Or, le Sahara, plus que la Syrie, est riche en gaz et en pétrole, notamment. Kidal et l’Azawad sont au Sahara, dans les frontières de la défunte OCRS.

Farmo M.

Géopolitique du colonialisme : Le Sahara et l’ O.C.R.S.

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Je découvre tout un pan de l’histoire coloniale Française à l’occasion de l’agression en cours au Mali. Un ami universitaire géographe Brésilien, on semble s’intéresser de plus en plus à l’histoire coloniale Française au Brésil, m’ a fait parvenir un lien ou il est question de l’ O.C.R.S. Cette abréviation surgie des tréfonds de l’histoire coloniale Française signifie : Organisation Commune des Régions Sahariennes .

Il prouve en tout état de cause que la  » question ethnique  » dans les états post-coloniaux a été pensée, mais à l’aune des intérêts économiques du colonisateur. Il est en de même de l’ » initiative Pan-Sahel «  de l’ AFRICOM dont le projet reprend, c’est certainement loin d’être un hasard , les grandes lignes de l’OCRS .

Un autre fait qui est certainement loin d’être un hasard est la prédominance des Sociaux-Démocrates Français  [ S.F.I.O et Rad-soc’s ] proches des Sionistes Israéliens dans les structures ayant soutenu la création de l’OCRS et dans son administration : Max Lejeune , Gaston Deferre , Maurice Bourgès-Maunoury , Guy Mollet , …

  On pourrait même parler du gratin du colonialisme Socialiste des années 50 dont François Hollande est le descendant en ligne directe .

J’ai retrouvé sur une page unioniste Bamakienne une description assez concise et intéressante de ce géo constructivisme .[ lien ]   [ lien ]

La consultation des articles  » Sahara, clé de voute de l’ensemble Eurafricain Français  » par Jean-Michel De Lattre dans  » Politique étrangère  » – Année   1957   Volume   22   Numéro   4 pp. 345-389 et   » L’infrastructure de départ du Sahara et de l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (O.C.R.S.) «  par Yvan du Jonchay    Revue de Géographie de Lyon      Année   1957   Volume   32   Numéro   32-4   pp. 277-292 est également instructive .[ Persée.fr ]

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1957_num_22_4_6196

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geoca_0035-113x_1957_num_32_4_2186

Ce projet ambitionnait de détacher des espaces territoriaux de l’Algérie, du Soudan Français [le futur Mali], du Niger et du Tchad, des zones réputées riches en ressources minières au bénéfice de la puissance coloniale. Le corollaire évident était d’obtenir l’adhésion des populations, de miroiter aux yeux des ethnies blanches, la promesse de ne pas subir le «commandement des anciens esclaves noirs».

En quoi consistait ce projet ? Depuis le début du 20ème siècle des hommes avertis avaient pressenti que le Sahara, désert et infertile en apparence, pourrait bien devenir un jour, grâce à ses ressources minières, un territoire très riche.

Mr Erik Labonne, ancien résident de France au Maroc avait proposé à son pays de construire un grand ensemble industriel au Sahara.

En 1952, une mission de l’Assemblée de l’Union Française avait conclu à la nécessité d’y créer un nouveau Territoire d’Outre-Mer [ TOM ] et dès les premiers jets de pétrole à Edjélé et à Hassi Messaoud – en Algérie ,  le Gouvernement Français de l’époque a déposé à l’Assemblée Nationale, un projet de loi tendant à faire du Sahara, relevant de collectivités territoriales et ministères différents, «un territoire autonome». .[ lien ]   [ lien ]

Nota : Ce projet géo constructiviste transparaît dans une scène du film  » 100 000 dollars au soleil  »

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http://zebrastationpolaire.over-blog.com

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