À LA UNE POLITIQUE — 05 octobre 2016
LE DR AHOUA DONMELLO EXPLIQUE LES RAISONS DE LA
CRISE AU GABON. UN DOCUMENT INEDIT A LIRE ABSOLUMENT
L’AFRIQUE FACE À SON DESTIN (Huitième et dernière Partie)
Comme le GABON, l’Afrique a besoin de s’industrialiser pour absorber la masse d’intelligence qui sort chaque année des écoles et universités et éviter des solutions sans issue.

Or comme le Gabon, l’Afrique est un hypermarché à ciel ouvert pour l’industrie occidentale et un des principaux pourvoyeurs de matières premières. Le développement industriel de l’Afrique est donc une question de vie et de mort pour certaines multinationales occidentales, voire l’économie de certains pays occidentaux.

L’exemple du Portugal est éloquent. L’ingérence devient alors une réaction de survie. Tout dirigeant Africain qui veut rompre ce statu quo commet un crime inavoué et donc frappé par des défaites électorales organisées par des fraudeurs professionnels.

Et comme cela ne suffisait pas, il est traduit devant la Cour Pénale Internationale (CPI) pour des supposés crimes contre l’humanité mis en scène par l’occident et leurs alliés africains sur une campagne de diabolisation. Au bout du bout, c’est la rédaction et le vote dans la foulée d’une résolution de l’ONU contre lui pour l’écarter de la scène politique par la force.

Fraudes électorales, campagne médiatique de diabolisation, résolution fondée sur du faux, l’usage de la force et l’assassinat ou la déportation à la CPI, constituent le mode de réajustement actuel de politique coloniale de la Françafrique pour briser l’élan de l’industrialisation de l’Afrique. Laurent GBAGBO est à la CPI, Mouammar Kadhafi au cimetière, le trait commun, leur volonté de souveraineté économique.

Tant que le continent africain ne s’organisera pas pour mettre fin à cette nouvelle politique françafricaine, quiconque empruntera le chemin de la souveraineté économique subira le même sort. Tant que, la Françafrique ne trouvera pas d’opposition en face, il lui sera aisé de continuer ses manipulations.

Faire échec à cette nouvelle politique de réajustement colonial est donc la condition du décollage économique et social de l’Afrique.
Les crises électorales suscitées par des méthodes frauduleuses constituent le point de départ des agissements françafricains. Ces crises partent des divisions institutionnelles.pray for gabon

Le Gabon a échappé à cette première phase. Mais il est mieux de prendre des dispositions nécessaires au cas où la situation ivoirienne se reproduirait et que les institutions nationales seraient en crise ouverte comme en Côte d’Ivoire où la Commission Électorale a été forclose, mais son Président pris en otage par la Françafrique a proclamé un résultat de la communauté internationale, hors délai et hors cadre légal en plus distinct de celui du Conseil Constitutionnel.

L’exemple d’HAÏTI est instructif. Au premier tour des élections présidentielles tenues le 28 novembre 2011 correspondant à la date du deuxième tour en Côte d’Ivoire, le Conseil électoral Provisoire (CEP) haïtien a proclamé des résultats, validés par le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, qui éliminaient le chanteur Michel MARTELY du second tour tour et plaçaient le candidat du pouvoir Jude Célestin en tête.

La protestation de ces résultats a entraîné une médiation internationale. Une mission d’enquête de l’Organisation des États Américains (OEA) a conclu que des fraudes avaient faussé les résultats et a procédé à un recomptage des voix qui a exclu Monsieur Jude Célestin du deuxième tour.

Le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU s’en est excusé auprès du peuple haïtien. Monsieur Michel MARTELY a été élu Président de la république de Haïti.

Pourtant, au même moment, la protestation des résultats médiatiques et la demande de recomptage des voix en Côte d’Ivoire sont balayés d’un revers de main par le Président de la commission Africaine Jean PING. Le secrétaire général de l’ONU et son représentant spécial ont considéré comme une injustice ce recomptage des voix.

De même que la république d’HAÏTI a pu éviter une guerre en empruntant la voie du recomptage imposé par l’Organisation des États Américains lors du premier tour des élections, de même la Côte d’Ivoire pouvait faire l’économie d’une guerre en utilisant la même solution avec l’Union Africaine pour des crises identiques.

À cette période M. Jean Ping ne pensait écrire que le destin politique du Président GBAGBO mais voilà que les aléas du destin font qu’aujourd’hui il est victime de son manque de courage politique. À méditer : Quand on crache en l’air, ça vous retombe souvent sur le nez

Pour rendre légale la solution supranationale proposée par Laurent GBAGBO, expérimentée par HAÏTI, maladroitement reprise par Jean PING sans attendre d’épuiser la voie nationale, chaque État africain doit accepter de partager sa souveraineté électorale avec l’Union Africaine qui peut se doter d’une Commission Électorale d’Arbitrage (CEA) servant de dernier recours en cas de désaccord national.

Tous les pays membres de l’UA, comme certains l’ont fait pour le Statut de Rome, devraient adhérer au statut de cette commission afin qu’elle puisse participer au recomptage au premier comme au second tour si cela s’avère nécessaire. Il est tant que l’Union Africaine s’organise pour reprendre les responsabilités assumées actuellement par l’occident.

Pour contrer l’arme de la diabolisation médiatique, des déportations extra-continentales, une Cour Pénale Africaine supranationale doit être instituée pour diligenter des enquêtes sur les crimes allégués et sur l’ingérence des États extra continentaux dans les élections en Afrique ainsi que les violations de souveraineté des États africains par des personnes physiques ou morales.

Pour contrer les résolutions des anciennes puissances coloniales, l’Afrique doit refuser toute résolution prise en son nom sans son aval. Les résolutions contre Kadhafi et Laurent GBAGBO, largement violées lors de la mise en œuvre, ont été le déclencheur des bombardements de la Libye et de la Côte d’Ivoire.

Pour assurer la sécurisation des élections et des crises post-électorales, les armées occidentales ne sont pas les bienvenues, elles ont un parti-pris inacceptables et sont souvent un cheval de Troie donc constituent des génératrices de rebellions. Les bases militaires occidentales en Afrique doivent être rétrocédées à l’Union Africaine qui peut centraliser toutes les contributions extérieures.

L’Afrique a contribué significativement à libérer l’Europe occupée par la puissante armée nazie, elle peut bien prendre en charge sa propre sécurité avec des moyens logistiques conséquents.

Pour financer la supranationalité et le développement industriel, la remise en cause des contrats de partage des matières premières par une directive africaine s’impose. La règle 20-80 (20% pour l’Afrique et 80% pour l’Occident) qui sous-tend les contrats de partage doit être inversée comme dans les pays du Moyen-Orient et d’Amérique latine qui l’ont fait pour financer leur souveraineté et leur développement.

Cette exploitation honteuse des matières premières, survivance des accords de coopérations néocoloniaux qui destinent les matières premières aux anciennes puissances coloniales doit prendre fin pour se libérer de l’aide et de la gestion externe des devises africaines. Deuxième continent détenteur des réserves en devise après l’Asie, l’Afrique conserve ses devises sous la décision des institutions monétaires et financières non africaines.

Emprunter la voie de la supranationalité pour bâtir une Afrique fédérée, reste l’unique voie pour éviter la division qui constitue la porte d’entrée des puissances occidentales dans leur politique de réajustement de politique coloniale. Le chemin de la stabilité et de la souveraineté passe par une Afrique fédérée.
Construire cette Afrique reste la tâche fondamentale pour tout Africain qui veut sortir des pièges de l’ingérence et assurer l’industrialisation de l’Afrique, seule condition pour retenir les fils et filles du continent sur leur sol et éviter de tomber entre les mains des entreprises criminelles et des eaux de la méditerranée.

À l’heure de l’économie numérique et des imprimantes 3D, la technique est à la portée de tous les enfants du monde.

L’obstacle majeur à l’industrialisation reste la stabilité, la sécurité, la justice économique et la bonne gouvernance. Chaque période électorale est une période de haut risque qui dissuade toute forme d’investissement. Chaque risque politique est un risque sécuritaire et un risque de gouvernance.
Elle constitue donc une arme de destruction massive du développement.

Bâtir des institutions fédérales supranationales et des infrastructures fédérales, restent la voie royale pour créer les conditions du marché commun et du développement industriel.

La conquête de la souveraineté des États africains ne peut se réaliser pleinement dans les périmètres des territoires nationaux. Le partage continental de la souveraineté reste la condition du renforcement des souverainetés nationales.
La construction de l’Afrique ne peut être que l’œuvre des Africains eux-mêmes en dehors de toute forme d’ingérence.

« L’Africain fera l’Afrique, elle trouvera en son sein des hommes et des femmes capables de libérer leur vertu de héros collectifs, pour redresser le destin tordu de la mère Afrique et recoudre son beau pagne déchiré » (J. KI-ZERBO in histoire générale de l’Afrique)

DONMELLO

 

 

 

 

 

 

 

DR AHOUA DONMELLO

Share

About Author

(0) Readers Comments

Comments are closed.