À LA UNE CULTURE POLITIQUE — 18 avril 2019

Né le 10 Janvier 1916 à Assinie (Sud-est de la Côte d’Ivoire) Bernard Binlin DADIE, décédé le 09 mars 2019 a reçu les derniers hommages de la nation ivoirienne le vendredi 12 avril 2019 au cimetière de Williamsville (ABIDJAN) en présence d’une foule de personnalités qui déjà à la messe de requiem exprimait leur affection à l’illustre disparu ainsi que leur solidarité à la famille éplorée.

Considéré comme le « père » de la littérature ivoirienne, Bernard DADIE a immensément contribué au rayonnement de la littérature africaine en s’illustrant à travers une littérature d’engagement politique contre la colonisation dans les pays africains.

A la fois académicien, écrivain, poète et homme politique, il a laissé à la postérité un savoir culturel et littéraire devant aiguiser les consciences au refus de l’injustice et du néo colonialisme imposés aux peuples africains. Formé à l’école française, en Côte d’Ivoire puis à Dakar, Bernard devient le premier auteur de théâtre d’Afrique francophone dès l’âge de dix huit ans en 1933, avec sa principale pièce  » les villes » dans laquelle il critique déjà les nombreux changements de capitales en Côte d’Ivoire.

Témoin des fusillades de Fann, pendant lesquelles la police militaire de l’AOF procède à des exécutions arbitraires ou encore au massacre de Thiaroye le 1er décembre 1944, Bernard DADIE ne reste pas insensible à la cause du peuple africain et participe activement à la mise en place du Centre d’Etude Franco-africain (CEPA) par lequel sont mis en valeur les idéaux de justice et d’émancipation du peuple noir. Plus tard, en 1947, en qualité de rédacteur dans un hebdomadaire, il s’oppose à la déclaration de Brazzaville et appelle à l’indépendance pleine et entière des pays africains.

En 1950, dans un recueil de poèmes très critiques, intitulé Afrique debout, Bernard dénonce les relations de domination entre Blancs et Noirs. En clair, le point de mire de son recueil est le rejet de la colonisation et une invite à la résistance des peuples africains. En 1952, dans une œuvre littéraire très offensive, Bernard DADIE publie Climbié, une autobiographie romancière dans laquelle il milite fortement contre le colonialisme en Afrique.

Politiquement très engagé, il occupera d’importantes responsabilités politico-administratives sous le régime de Félix Houphouët BOIGNY. Tout d’abord, chef de cabinet du ministre de l’Education nationale, ensuite, directeur des affaires culturelles et inspecteur général des arts et lettres.

Enfin, Ministre de la culture et de l’information (1977-1986). A ce niveau, on lui doit la création de l’Institut National des Arts d’Abidjan et de l’Ecole de Théâtre qui plus tard deviendront l’Institut National Supérieur des Arts et de l’action Culturelle (INSAAC).

Demeurant fidèle à ses convictions politiques d’une afrique libre et souveraine, DADIE, de 2005 à 2010 s’engage du côté de la République attaquée par la rébellion de Guillaume SORO en 2002 en présidant le Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD).

En Juin 2016 face aux errements de la Cour Pénale Internationale (CPI) à l’encontre du Président Laurent GBAGBO, il encourage la signature de pétitions pour exiger la libération de ce dernier. Au total ce seront plus de 26 millions qui seront comptabilisées. Aussi s’opposera t-il à la nouvelle constitution imposée aux ivoiriens en appelant les ivoiriens à prendre leur destin en main. Inhumé au cimetière municipal de williamsville (Abidjan) le vendredi 12 Avril 2019, Bernard Binlin DADIE laisse à la postérité un immense savoir culturel qui se retrouve au travers des genres littéraires de son époque : poésie, théâtre, roman, chroniques et contes traditionnels.

Physiquement absent, il continue d’éclairer les consciences africaines par la disponibilité de ses œuvres littéraires ayant marquées l’histoire de la lutte des indépendances africaines,

• 1933 : Les Villes (chroniques), 1956 : Patron de New York. (Chroniques), 1936 : Assémien Déhylé, roi du Sanwi. (Théâtre,) 1954 : Légendes Africaines. (nouvelle), 1955 : Le Pagne noir (nouvelles), 1950 : Afrique debout. (Poésie) , 1956 : La Ronde des jours (Poésie) 1952 : Climbié (Bibliographie), 1974 : Carnets de prison (1949-1950) (Bibliographie). Il a connu de nombreuses distinctions littéraires qui confirment sa fécondité intellectuelle. Tour à tour ; il a en 1965 obtenu le grand prix littéraire d’Afrique, le prix UNESCO le 12 Février 2016 et le grand prix des mécènes du GPAL 2016 le 9 mars 2017.

Commandeur de l’ordre du Mérite de l’Education Nationale, commandeur de l’ordre du Mérite Français d’Outre –Mer, Grand Officier de l’ordre de Léopold (Belgique), Médaille d’Argent de l’U.N.E.S.C.O, Médaille d’Or (St François) de la haute Académie Internationale de Lutèce ; Bernard Binlin DADIE reste le « père » de la littérature ivoirienne et un grand résistant de la cause africaine : Liberté et Indépendance totale des pays africains.

Share

About Author

(0) Readers Comments

Comments are closed.