À LA UNE POLITIQUE SOCIÉTÉ — 18 mai 2019

Avec un impressionnant indice de sécurité de 1.1 tel qu’il ressort du communiqué final du conseil national de sécurité de Côte d’Ivoire le jeudi 2 mai 2019 pour le mois d’avril , la Côte d’Ivoire à cet effet, vient de se hisser au rang des pays les plus sécurisés du monde à l’image de la Suisse à titre comparatif.


Fort malheureusement, les événements intercommunautaires vécus cette semaine à Béoumi, ville située au centre de la Côte d’Ivoire et près de Bouaké ont exposé la réalité de la question sécuritaire en Côte d’Ivoire, car à Béoumi plus qu’un simple affrontement entre communauté baoulé et communauté malinké, ce fut une scène de guerre que l’on a vécu.


Débuté par une altercation le mercredi 15 mai 2019 entre deux chauffeurs de la communauté baoulé et de la communauté malinké suite à un accrochage  entre le taxi-moto du jeune baoulé et du véhicule « massa » du jeune malinké qui a dégénéré suite à un coup de machette porté par l’allogène malinké contre l’autochtone baoulé.


Le bilan reste très lourd car ce sont des milliers de déplacés qui ont fui les violences inouïes  à Béoumi pour trouver refuge loin de la scène de guerre. Les autorités politico-administratives quant à elles annoncent neuf morts et  une centaine de  blessés et un bilan matériel catastrophique relatif à la destruction des biens des particuliers.


En fait, ce sont des jeunes malinkés armés d’armes de guerre et avec une rage d’anéantir les baoulés qui ont patrouillé et pourchassé les autochtones « gôdé » durant deux jours.


Par ailleurs, un important dispositif sécuritaire ayant été déployé ainsi qu’un couvre feu instauré  par le préfet de la ville de 21 H à 6 H jusqu’au lundi 20 mai 2019, ont permis de calmer les belligérants et de donner une chance au dialogue en cours.


Les événements de Béoumi, traduisent inéluctablement que la Côte d’Ivoire est loin d’être un pays sécurisé et un Etat de droit car une partie de la population ayant soutenu la rébellion de 2002 à 2010 détient encore des armes et n’hésite pas à les brandir pour faire passer son message et se faire justice. Et les événements de Béoumi sont l’expression des germes d’une profonde crise sociale qui se met en place à l’horizon 2020.


Le climat social reste tendu et les regards revanchards des autochtones indignés et chosifiés sur leurs terres portent à croire que la Côte d’Ivoire est sur une pente très fragile pour amorcer sa réconciliation nationale et avoir des élections présidentielles apaisées en 2020.


En réalité des ex combattants détiennent encore des armes et entendent les utiliser pour protéger leur régime et anéantir les opposants au régime d’Abidjan.


Dans la conquête du pouvoir en 2010, ce sont des milliers de jeunes ivoiriens et d’étrangers curieusement tous issus du nord de la Côte d’Ivoire de certains pays frontaliers qui ont envahis les villes de la Côte d’Ivoire en détruisant tout sur leur passage. Ceux-ci, armés par les soutiens de OUATTARA ont tué et massacré des  populations entières en laissant derrière eux tristesse et désolation.


Le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion ayant échoué, ces forces rebelles se sont muées en forces de réserve pour sévir et pacifier la Côte d’Ivoire toutefois   en attendant que l’armée ne s’interpose entre les fractions en conflit.


A Béoumi, les armes de guerre déterrées et portées par les allogènes malinkés contre les autochtones baoulés ont crépité, des maisons incendiées et des femmes brûlées vives et ce, suite à une simple altercation entre chauffeurs, cela remet le couvert sur la nécessité de la réforme en profondeur de la commission électorale indépendante (CEI) devant organiser des élections démocratiques et crédibles  en 2020.


Par ailleurs, l’insécurité reste une des grosses plaies de la gouvernance de OUATTARA qui tente par toutes les alchimies de vouloir masquer la réalité des choses en Côte d’Ivoire. Des ex combattants et des microbes (enfant en conflit avec la loi) défient à souhait les forces de l’ordre assermentés qui restent impuissants face à la montée en puissance du taux de la criminalité en Côte d’Ivoire.


A la veille des élections présidentielles en Côte d’Ivoire, le climat politico-social reste délétère et tendu et le gouvernement ne semble point soucieux de rétablir l’Etat de droit en désarmant véritablement sa fabrique guerrière qui impunément tue, pille et détruit le tissu de la cohésion social qui hier était le ferment de la solidarité et du bon vivre en Côte d’Ivoire.
L’indice de sécurité 1.1 brandit donc par le régime d’Abidjan n’est qu’une communication savamment fabriquée pour justifier ses actes de répression à venir au nom d’une paix et d’une certaine sécurité nationale qu’elle entendrait préserver.


Pour des observateurs de la vie politique en Côte d’Ivoire, la paix qui prévaut dans ce pays est stable et ne saurait constituer le moteur de la construction sociale et d’un développement harmonieux. La paix stable de ce pays imposée par la force des armes et des mercenaires du régime ne saurait ouvrir la voie à la réconciliation nationale et à l’unité nationale. La Côte d’Ivoire recherche difficilement ses marques pour construire une nation moderne et civilisée et la question de l’impunité en faveur des forces rebelles et des communautés partisanes du RHDP-RDR témoigne de la volonté délibérée du régime d’Abidjan de prospérer et se maintenir au pouvoir dans un climat social fortement divisé et intenable.


A quand donc la fin de l’insécurité en Côte d’Ivoire pour une paix réelle et positive ?


Adingra OSSEI

(Correspondant IVOIROIS.COM pays)

COMMENT PEUT ON EXPLIQUER ET COMPRENDRE L’ALTITUDE DU GOUVERNEMENT IVOIRIEN DANS LES ÉVÉNEMENTS SANGLANTS DE BÉOUMI ET À QUI PROFITE LE CRIME ?

C’est Pierre Fortini qui rapporte les faits sur le site en ligne de RFI qui écrit que « selon les autorités ivoiriennes, 300 militaires vont être déployés dans le département pour s’assurer notamment que les populations Baoulé des villages alentours ne cherchent pas à rejoindre Béoumi, où la communauté Malinké est dominante… »

Par ailleurs le ministre de la Communication et des médias, Sidi Touré, lui-même originaire de Béoumi, s’est rendu sur place dès mercredi pour tenter d’apaiser les esprits.

Entre temps, il est annoncé environ 11 personnes tuées et une centaine de blessés là où le gouvernement annonce 9 morts et 40 blessés.

Avec Alexis Gnagno et Mamadou Traoré

#REZOPANACOM

IVOIROIS.COM


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