À LA UNE ACTUALITÉ POLITIQUE SOCIÉTÉ — 08 juillet 2019

Le COFED invite le chef de l’Etat, Alassane Ouattara à acter effectivement la réconciliation nationale en procédant à la libération des prisonniers militaires et civils encore en détention et au retour sécurisé des exilés afin de décrisper l’atmosphère.

C’est un plaidoyer.

Le COFED espère que ce plaidoyer, ce cri de cœur trouvera une oreille attentive et que le chef de l’Etat, dans la perspective du 7 août 2019, fera une autre action d’éclat afin que nos parents détenus ne meurent pas à petit feu et en silence.

Communiqué du COFED

Dans son discours du 6 août 2018, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, annonçait une amnistie générale de 800 détenus dont 500 étaient déjà en liberté provisoire ou en exil selon lui. Une amnistie qui a suscité beaucoup d’engouement en raison de la libération de personnalités politiques telles que Simone Gbagbo, ex-première Dame et épouse du Président Laurent Gbagbo, les ministres Lida Kouassi Moïse et Assoa Adou ainsi que Souleymane Kamaraté Konaté dit Soul to Soul ETC.

Une année après cette euphorie, le Collectif des Femmes et parents des Détenus Politiques de la crise post-électorale (COFED) constate que les détenus militaires et même civils demeurent toujours en prison. Pis, nous constatons à ce jour des dizaines de personnes encore détenus malgré cette amnistie générale.

Le COFED tient à rappeler que ces 23 personnes encore détenues sont tous en mauvais état sur le plan sanitaire. Soulignons à toutes fins utiles le caractère exécrable des conditions de détention. Nos parents détenus continuent de mourir en cascade dans ces geôles et le plus récent qui constitue une illustration parfaite est celle de Koffi Kouadio Bertrand qui est mort la semaine passée à la Maca. Au passage, nous saluons sa mémoire et celle de tous ceux qui ont perdu la vie dans les prisons et après leur sortie des prisons.

Il n’est donc point erroné d’affirmer que nos parents qui sont en prison sont tous malades. Les cas les plus graves avoisinent la vingtaine. Certains souffrent de béribéri car mal nourris. D’autres souffrent d’hypertension, de tumeurs… Des maux consécutifs à des tortures. Malades voire mourants, ils sont abandonnés par leurs parents pour d’autres et à leurs parents pour certains pour lesquels c’est la croix et la bannière car ces détenus étaient les piliers de leurs familles.

Le COFED déplore ce contraste éloquent selon lequel des détenus militaires et civils sont maintenus en prison malgré la promulgation d’une loi d’amnistie. Pour rappel, nombreux sont les détenus qui n’ont pas eu la grâce de passer devant un juge après neuf années de détention arbitraire. Tous sont poursuivis pour le délit générique de troubles à l’ordre public.

Pourtant des militaires se sont rebellés à maintes reprises sous le régime Ouattara. Ces insurgés ont troublé l’ordre public et commis plusieurs décès lors de leurs différentes insurrections. En lieu et place d’une interpellation, ils se sont vus distribuer des millions de Francs CFA. Ce deux poids deux mesures ne participe qu’à promouvoir l’impunité et l’injustice et ne facilite en aucun cas la réconciliation tant ressassée par le chef de L’État. C’est pourquoi le COFED continuera de mener ce combat tant qu’il y aura un seul détenu politique en prison.

En outre, le COFED déplore le retour aux privations des libertés marquées par la brève interpellation de Dahi Nestor du Front Populaire Ivoirien (FPI) et ses collaborateurs de celle prolongée de Valentin Kouassi, président de la jeunesse du PDCI RDA et bien d’autres.


Madame Simone Datté – Présidente COFED

Au regard de ce qui précède, le COFED invite le chef de l’Etat, Alassane Ouattara à acter effectivement la réconciliation nationale en procédant à la libération des prisonniers militaires et civils encore en détention et au retour sécurisé des exilés afin de décrisper l’atmosphère.

C’est un plaidoyer.

Le COFED espère que ce plaidoyer, ce cri de cœur trouvera une oreille attentive et que le chef de l’Etat, dans la perspective du 7 août 2019, fera une autre action d’éclat afin que nos parents détenus ne meurent pas à petit feu et en silence.

Auquel cas, le COFED se réserve le droit d’engager des actions démocratiques telles que les sit-in suivis de grève de la faim devant toutes les institutions de la République pour réclamer la libération de nos parents.

Fait à Abidjan le 01 juillet 2019

 Pour le COFED

La Présidente Simone Datte

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