À LA UNE ACTUALITÉ POLITIQUE — 08 octobre 2018
Annoncé largement en tête par l’ensemble des tendances révélées par la plus grande partie des procès-verbaux des résultats de l’élection présidentielle du 7 octobre, et ce nonobstant l’entourloupe de l’organe électoral (bras armé du président sortant en matière de fraude électoral) qui a tenté de lui opposer dans les urnes son allié Akere Muna, mais a vu ce complot éventé par la vigilance des électeurs, le Professeur Maurice Kamto a donné en milieu d’après-midi lundi, une importante conférence de presse.

Annoncé largement en tête par l’ensemble des tendances révélées par la plus grande partie des procès-verbaux des résultats de l’élection présidentielle du 7 octobre, et ce nonobstant l’entourloupe de l’organe électoral (bras armé du président sortant en matière de fraude électoral) qui a tenté de lui opposer dans les urnes son allié Akere Muna, mais a vu ce complot éventé par la vigilance des électeurs, le Professeur Maurice Kamto a donné en milieu d’après-midi lundi, une importante conférence de presse.

Une conférence de presse débutée très tardivement à 15 H (heure locale) à cause d’une tentative du gouvernement camerounais de l’empêcher, la rencontre du Pr. Kamto et de nombreux représentants de la prese nationale et internationale qui devait pourtant avoir lieu à 10 heures du matin,  a offert au candidat de la coalition gagnante -constituée d’une dizaine de formations politiques d’envergure et finalement articulée autour du duo Kamto-Akere Muna- de confirmer sa victoire dont les médias et réseaux sociaux font écho depuis dimanche soir, et de remercier « solennellement le peuple camerounais qui a démontré par son vote, sa maturité, sa sagesse, sa force et son engagement en faveur du changement. ».  

« J’ai reçu pour mission de tirer le pénalty historique. Je l’ai tiré, le but a été marqué » a déclaré le « tireur de pénalty » que la plupart des sondages sortis des urnes dimanche présentent comme le vainqueur de cette élection présidentielle de tous les enjeux vitaux pour le Cameroun. Ce à quoi ont répondu en écho, des hourras et vivas des dizaines de personnes acquises à la cause de l’alternance qui étaient présentes dans la salle de conférence et en dehors, au siège du MRC à Yaoundé.

Pour ne rien laisser inachevé, Maurice Kamto a réaffirmé sa determination à aller jusqu’au bout pour sauvegarder la victoire du peuple obtenue par les urnes : « J’ai reçu du peuple un mandat clair que j’entends défendre jusqu’au bout ».

Prenant  à témoin l’opinion nationale et internationale de l’événement historique du 7 octobre 2018 qui a conduit à l’alternance, Kamto invite son principal adversaire, le président sortant, à organiser les conditions d’une transmission sereine du pouvoir pour éviter au pays une crise post-électorale inutile qui compromettrait son avenir.

Se disant attaché à la paix depuis la création de son parti, le MRC en 2012, et pendant la campagne électorale, il s’est de nouveau engagé à assuré au président sortant ainsi que toute sa famille toutes les garanties de sécurité, d’immunité et de respect dus à son statut et aux rangs des siens.

Quelques heures avant le début effectif de la déclaration de Maurice Kamto, c’est son allié et Directeur de campagne, Paul Eric Kingue, qui a fait une déclaration publique dans laquelle il a à son tour annoncé la victoire qui se dessine de plus en plus nettement du champion de la coalition et remercié tous ceux qui y ont contribué. Non sans appeler les Camerounais qui ont rendu possible la victoire du camp du changement à rester vigilants pour empêcher que ladite  victoire soit volée

La conference de presse au cours de laquelle Maurice Kamto a annoncé sa victoire intervient dans un contexte de hantise de la terreur où le gouvernement, auteur d’une loi électorale cynique qui interdit la publication du moindre extrait des relevés des procès-verbaux des élections, menace de représailles inimaginables  quiconque tenterait de déjouer ses manœuvres  visant à octroyer la victoire au président sortant et candidat, Paul Biya,  et rappelle à tue-tête que la publication des résultats des élections reste une prérogative exclusive de la Cour Constitutionnelle, elle-même antichambre du régime en place qui en nomme les membres, lesquels sont par ailleurs tous (ou presque) des militants du parti au pouvoir . 

Dimanche soir, Paul Atanga Nji, le sulfureux ministre de l’Administration territoriale et Secrétaire Permanent  du Conseil National de Sécurité, a donné une conférence de presse pour menacer  quiconque oserait aller à l’encontre de la loi qui encadre la publication des résultats des élections : « Le processus relatif à l’élection présidentielle est encadré par des lois connues de tous. J’en appelle donc au respect scrupuleux des dites lois et des procédures qui régissent le contentieux électoral. Je tiens à cet effet à souligner que la proclamation des résultats officiels de l’élection présidentielle relève de la compétence exclusive du Conseil constitutionnel. Personne n’a le droit de se substituer à cette instance juridictionnelle. Toute forme de remise en cause du verdict des urnes en dehors des voies légales, ne sera pas tolérée. Et je dis bien de qui que ce soit».  Faisant allusion aux déclarations de Paul Eric Kingue, Directeur de campagne de Maurice  qui  a appelé vendredi les partisans du changement à résister à toute tentative de fraude électorale, le ministre qui est déjà mis en cause au Cameroun pour avoir poussé à l’enlisement la crise anglophone qui fait des milliers de morts depuis 2016, a promis que l’Etat saura se montrer un monstre froid pour faire appliquer la loi vis-à-vis de l’opposition.

Pour cette raison, même les organisations citoyennes qui avaient annoncé qu’elles passeraient outre les dispositions contestées de la loi électorale sur la proclamation des résultats, pour publier des tendances, se sont recroquevillées dans un silence de mort, tandis qu’effrayés par la perspective d’être emprisonnés ou de subir un sort plus grave, des journalistes des médias indépendants qui éprouvaient le même désir, en sont réduits depuis lundi matin à se dérober, en demandant à  tout le monde de rester « républicain ».

Bob Ayuk, Natondi K.

cameroonvoice.com

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