ACTUALITÉ SOCIÉTÉ — 26 avril 2019

Arbinda : Après les infirmiers, le commissariat de Police vient de plier bagage.

Les éléments de la Police Nationale basés à Arbinda, ont décidé de lever le camp depuis la nuit d’hier 24 avril 2019. Ils avaient été précédés, il y a déjà une semaine par les infirmiers du centre médical a appris infowakat.net de sources locales et sécuritaires.

Depuis quelques jours des informations persistantes faisaient état d’une fermeture prochaine du commissariat de Police d’Arbinda. C’est désormais chose faite. Selon des informations recueillies auprès de sources sécuritaires, les agents avaient déjà notifié à leur hiérarchie « le manque de personnel, de moyens matériels, roulants, etc… » pour leur permettre de faire efficacement leur travail. Avec la dégradation de la situation sécuritaire, ils avaient à nouveau réitéré leurs doléances. Une unité spéciale de la Police avait alors été déployée pendant quelques jours et qui s’est par la suite retirée du fait de manque de moyens aussi.

A en croire notre source, le retrait des agents du commissariat de la police d’Arbinda s’est fait en deux étapes. Un premier contingent arrivé à Dori à la Direction Régionale de la Police Nationale dans la nuit du 24 avril 2019 et le second contingent les a rejoints ce matin 25 avril 2019. « Nous n’avons rien pour travailler, même pas une moto de service et on va rester pour faire quoi ? Nous parlons, on ne nous n’écoute pas », a laissé entendre un policier dépité par la situation.

Les Agents à base communautaire (ASBC) offrent désormais les soins à Arbinda

Avant les Policiers, une autre source locale nous signalait le départ des infirmiers et le risque de fermeture totale du Centre médical. Aux environs de 16h le mercredi 24 avril, nous avons déployé notre correspondant au Centre Médical d’Arbinda, qui a pu constater le départ effectif de tous les agents de santé depuis quelques jours. Cependant, notre correspondant a retrouvé sur place quatre personnes qui disent être des agents de santé à base communautaire entrain de consulter des patients et de prescrire des ordonnances.

Les prises en charge au Centre de Récupération Nutritionnelle (CREN) sont faites par un agent dont le rôle serait uniquement de sensibiliser les familles, tandis que les accouchements des femmes enceintes sont assurés par une accoucheuse villageoise, qui, officiellement depuis 2007, ne sont plus autorisées à pratiquer des accouchements.

Pour les consultations, on s’est retrouvé devant deux agents « de santé communautaire », pratiquant les consultations et les prescriptions, pourtant, ils n’ont jamais été ni dans une école de médecine, ni celle d’infirmiers, mise à part quelques formations sur la sensibilisation pour la prévention du paludisme, la malnutrition et la santé sexuelle. C’est très grave ce qui se passe sur le plan sanitaire dans cette ville.

A Arbinda, la vie s’estompe petit à petit. Avec le manque d’eau potable, la fermeture du Centre de Santé, le départ des policiers, la peur est quasi quotidienne. Selon certaines sources bien introduites les ONG humanitaires et les services de l’ONU au Burkina ont abandonnées les populations à leur sort. Selon un déplacé, seuls le CONASUR et OXFAM ont tenté ce mois d’apporter une assistance en eau et en vivres.

Près de 16 000 personnes (Populations déplacées d’avril 2019, selon l’ONU) qui fuient les violences des terroristes et les opérations militaires dans d’autres localités sont venues s’ajouter au 12 000 habitants (Population estimée en 2019) de la commune d’Arbinda.

La rédaction

Infowakat.net

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