À LA UNE POLITIQUE — 02 octobre 2018
En la matière, le suspens sur son issue est le véritable baromètre d’un procès véritablement équilibré, et participe, au demeurant, de son charme.
L’audience qui va donc s’ouvrir, dans quelques heures, ne devrait point prendre à défaut cette règle. Car, un procès dont le résultat est connu d’avance n’en est pas un. Il n’est qu’une parfaite parodie.



Cependant, il est certaines causes où des éléments d’appréciation peuvent précocement être rangés au nombre de véritables signes «prémonitoires», tels ceux qui s’offrent à nous dans le procès auquel nous assisterons dans quelques instants.

Il n’est nullement contesté, en effet, qu’une douzaine de requêtes aux fins de mise en liberté provisoire du Président Laurent GBAGBO a été systématiquement rejetée jusque-là, nonobstant la posture dissidente mais minoritaire de sieur CUNO Tarfusser, Président de la chambre Première.

Toutefois, il n’est pas mis en doute non plus que ce procès qui s’est ouvert depuis le 28 janvier 2016, a vu défiler à la barre, finalement, 82 témoins sur les 138 que se proposait primitivement de faire comparaître l’Accusation, à l’effet de montrer au monde entier l’ampleur des crimes dont s’étaient rendus coupables le Président Laurent GBAGBO et son jeune ministre Charles BLÉ Goudé.

Cette phase a donc normalement pris fin le 19 janvier dernier, soit, après une durée de 1 an, 11 mois, 22 jours.

Dès lors, le cours normal de ce procès devrait automatiquement nous offrir la déterminante comparution des témoins de la défense.

Curieusement, c’est à ce stade du procès que l’éclipse se produisit en cinq phases :

Premièrement : Les juges accèdent à la requête des avocats de la défense tendant à voir l’Accusation faire le point des témoignages de ses «hommes», pour dire aux juges si les actes qu’elle imputait aux deux accusés, ont été confirmés par ceux-ci. Sinon, pourrait-elle se raviser en annulant partiellement ou totalement ces charges ?

En réponse, Madame Bensouda s’est hâtée pour affirmer, ne rien ajouter, ni retrancher des Charges initialement imputées aux deux accusés.

Deuxièmement : Après une telle réponse au vitriol, les avocats de la défense rebondissent énergiquement en demandant aux juges de leur accorder, EXCEPTIONNELLEMENT, l’autorisation de demander le Non-lieu assorti de l’acquittement de leurs clients, entendu que la seule audition des témoins de l’Accusation a amplement suffi pour blanchir leurs deux clients.

Troisièmement : Après avoir pris connaissance du dernier mémoire-synthèse de Bensouda, les 3 juges estiment fondée une telle demande inédite des avocats aux fins d’un Non-lieu. Aussi les 3 juges les autorisèrent-ils, exceptionnellement, à prouver que ce procès, commencé depuis le 28 janvier 2016, ne pouvait se poursuivre en l’état, ce, après les auditions et autres preuves documentaires de l’Accusation.

Nota-Bene : Nous mettons un point d’honneur au terme «EXCEPTIONNELLEMENT», parce que la procédure à laquelle nous allons assister dans quelques heures n’est pas ordinaire dans le fonctionnement de la Cpi.

Quatrièmement : Les avocats de la défense ont donc produit leurs conclusions dans lesquelles ils ont démontré, point par point, l’inexistence d’un «plan commun» qui reste, au titre de l’élément psychologique, très déterminant pour les crimes relevant de la compétence de la Cpi.

Cinquièmement : C’est à l’issue de cet «obus» en sa direction que Fatou BENSOUDA se fragilise en annulant deux des 5 crimes mis à la charge du ministre Charles BLÉ Goudé.

En effet, l’Accusation se ravisa brusquement que cet Accusé n’avait vraiment rien à avoir, et avec la gestion régalienne de la marche insurrectionnelle sur la RTI du 16 décembre 2010, et avec ce mystérieux bombardement, le 17 mars 2011, du marché Siaka KONÉ qui ne serait curieusement fréquenté que par les Pro-Ouattara.

Notons, en passant, que lors de leurs auditions respectives et séparées, tous les témoins militaires, cooptés par l’Accusation, depuis le ténébreux «fils du Pasteur, à la femme splendide», aux autres chefs de Commandements militaires, ont tous démontré l’impossibilité technique, pour leurs troupes recluses, sous les attaques des rebelles au Camp militaire d’où ils ne pouvaient sortir, sans se faire mitrailler par lesdits rebelles qui les avaient encerclés, d’être les auteurs d’une telle attaque à partir de cette seule base d’Abobo.

Voilà donc les particularités de ce procès inédit auquel nous nous apprêtons à assister.

Quant à son menu, il sera essentiellement constitué de la reprise, in extenso, mais de vive voix, de ce que l’Accusation et la défense ont d’ores et déjà développé dans leurs écritures respectives déposées aux juges.

L’autre particularité résultera aussi de la possibilité offerte aux juges de poser, pour la première fois, et, le cas échéant, des questions à Bensouda, aux avocats de la défense, voire même aux accusés Gbagbo Laurent et BLÉ Goudé Charles. Les questions des juges pourront même s’étendre à certains témoins dont les premières déclarations seraient jugées déterminantes mais sujettes à caution.

Ce qui doit, au total, retenir notre attention, à partir de ce matin, c’est le vrai procès prématuré auquel nous nous apprêtons à assister. Et du caractère précoce de ce procès réside tout son enjeu : quelles sont les vraies motivations des juges, en n’ayant pas cru devoir laisser le procès se poursuivre normalement, en rejetant notamment la demande aux fins de Non-lieu et d’acquittement, à mi-parcours, des avocats de la défense ?

Simple question…

Rendez-vous donc dans quelques instants !

L’Activateur Tchedjougou OUATTARA

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