À LA UNE ECONOMIE POLITIQUE — 29 janvier 2017

 

L’Allemagne va tenter de rattraper son retard en Afrique en organisant un forum économique en mars prochain.

L’Allemagne cherche à rattraper son retard en matière de coopération économique avec l’Afrique par rapport à la Chine, aux Etats Unis, à la France, à la Grande Bretagne, et même à certains pays émergents comme l’Inde, le Brésil et la Corée du Sud. La première puissance économique européenne compte en effet sur le premier forum économique Allemagne-Afrique prévu le 23 mars 2017 à Francfort pour renforcer ses liens commerciaux et familiariser ses entreprises avec le continent.

Sur les 10 milliards de dollars d’investissements allemands en Afrique chaque année, 90% se concentrent sur seulement trois pays (l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Algérie) au moment où les entreprises germaniques ne réalisent que 2% de leurs activités en Afrique. Et selon les dernières statistiques disponibles, les échanges commerciaux germano-africains ont totalisé 60 milliards en 2013, un niveau bien inférieur à celui du commerce sino-africain qui a dépassé la barre de 200 milliards de dollars durant la même année.

Le forum Allemagne-Afrique vise à «combler le fossé» en facilitant le dialogue, les relations d’affaires et les échanges commerciaux.

« Le besoin de l’Allemagne de toucher de nouveaux marchés coïncide avec les indicateurs économiques de plus en plus sains de nombreux pays africains, notamment la croissance de la classe moyenne, la meilleure stabilité politique et l’envie de développer la fabrication au niveau national », a déclaré Charles Huber, député et membre du Comité de coopération économique et de développement de la République d’Allemagne, précisant que «l’Afrique apprécie particulièrement l’éthique du travail, la précision et la fiabilité allemandes».

Six des dix économies bénéficiant de la croissance la plus rapide au monde se trouvent en Afrique, et le continent devrait devenir la région à la croissance la plus rapide au monde jusqu’en 2040.

L’Allemagne va jouer des coudes avec les autres puissances mondiales sur le continent africain.

L’Allemagne qui n’a pas été parmi les premières puissances économiques mondiales à miser sur le potentiel de l’Afrique, tente désormais de rattraper son retard en matière de coopération économique avec continent par rapport à la Chine, aux Etats Unis, à la France, et même à certains pays émergents comme l’Inde, le Brésil et la Corée du Sud.
«Les entreprises allemandes commencent actuellement à lorgner l’Afrique et voient un grand potentiel dans les classes moyennes émergentes africains qui n’ont pas besoin d’une troisième Porsche mais de biens et de services comme le logement adapté aux besoins de l’Afrique», constate Saschsa Meyer, dirigeant du cabinet de consulting allemand African Development Solutions (Adesol).

Le géant industriel allemand Siemens estime, en effet, qu’un  «point de basculement» démographique devrait se produire en 2035 en Afrique, lorsque plus de la moitié de la population vivra dans les villes, ce qui se traduira par une explosion de la demande pour l’énergie, l’eau, le transport et les soins de santé. «La hausse de la consommation en Afrique va créer plus de demande pour les produits locaux, suscitant un cycle de renforcement de la croissance interne », avance le directeur financier de la filiale sud-africaine de Siemens Sabine Dall’Omo.

La chancelière allemande Angela Merkel avait déclaré, fin mars dernier, que son pays est en mesure être un «courtier honnête» des matières premières produites en Afrique, dans le but d’aider ce continent à mieux profiter de ses richesses. «Certains pays africains ont des matières premières. Nous voulons qu’eux aussi en profitent. L’Allemagne peut ici être un courtier honnête», a-t-elle déclaré dans son podcast hebdomadaire. La chancelière a également appelé l’Allemagne à repenser l’Afrique et à se dégager d’une vision trop tournée vers les besoins d’aide de certains pays du continent. «De nombreux pays africains ont du succès», a-t-elle souligné, invitant les entreprises allemandes à investir dans la région.

Signe de l’intérêt croissant qu’affiche première puissance économique européenne pour l’Afrique, Mme Merkel avait aussi encouragé les habitants du continent africain à apprendre l’allemand pour venir étudier dans la première économie européenne.

Le deuxième exportateur mondial a, cependant, un long chemin à parcourir.  Les échanges commerciaux germano-africains ont totalisé 60 milliards en 2013, un niveau bien inférieur à celui du commerce sino-africain qui a dépassé la barre de 200 milliards de dollars. Et sur les 9 milliards d’euros d’investissements allemands en Afrique, 8 milliards sont concentrés en Afrique du Sud, en Algérie et au Nigeria.

Carte Allemagne

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agenceecofin.com

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(2) Readers Comments

  1. L’Allemagne peut proposer aux Africains un model de coopération économique qui tient en compte des aspirations profondes des Pays Africains en termes d’échange économique pour que l’Afrique soit vraiment un partenaire solide dans son domaine de commercialisation pour le reste du monde.
    Tél 243815023698

  2. Nous saluons l’initiative de l’Allemagne d’organiser un Forum économique pour le mois de Mars 2017. Nous avons besoin d’un partenaire volontaire qui peut nous prendre en charge pour participer à cette rencontre mondiale . Notre souhait est de parler du choix des consommateurs en République Démocratique du Congo..
    Nous sommes disposés de prendre langue sur ce sujet de prise en charge pour notre voyage en Allemagne.
    Musoko Mbuyi Patrice
    Président
    Association des consommateurs des produits vivriers.
    Tél 243815023698
    Tél 243893028671
    Tél 243998993123