À LA UNE AKONDA CULTURE DIASPORA POLITIQUE — 29 octobre 2015

Les lampions se sont éteints sur la 18 eme édition de la SommerFest, ou la « Fête de l’été » ce Samedi 26 Septembre 2015 à Hamburg, Allemagne. L’édition de cette année a tenu toutes ses promesses avec une affiche bien colorée.

Ce fut le temps d’un beau week-end tout en couleur, car la salle de Bamberk° Basch a vécu à l’heure de la fête à l’Africaine.

Le dynamique comité d’organisation dirigé par le directeur de l’ONG Akonda Eine-Welt-Café Monsieur Claude N’da Gbocho, avait mis sur pied un programme de choix, étalé sur 5 heures, précisément de 15h à 20h. On a tout de même bien eu peur samedi soir, car, jusqu’à 15h30, les différents groupes qui devraient se produire n’étaient tous pas encore sur place.

Cependant, avec une sérénité déconcertante, le président et son équipe avaient les yeux pleins d’espoir et sentaient la réussite de la fête.

C’est finalement à 15h45mn que la présentatrice vedette a pris la parole avec une voix suave, dans un Allemand parfait, pour souhaiter la bienvenue à tous et dérouler enfin le programme de la manifestation.

La présentatrice vedette de la soirée nous a annoncé en premier, l’atelier Trommelworkshop für Familien (Atelier de tambour pour les familles) aminé par Dr. Christian Ayivi (Togo). Il s’agissait ici d’un atelier où Dr Christian Ayivi joue au Tamtam communément appelé le Djembé en Afrique. Il initie aussi les parents et enfants qui manifestent le désir d’apprendre à jouer de cet instrument. Il maitrise parfaitement aussi le ‘’langage tambourenien’’ où la ‘’Dromologie’’ comme aimait si bien le dire feu le grand Maitre Niangoran Boua Porgué grand Historien et Dromologue Ivoirien. Ce langage pour les initiés, permettait lors d’évènements particuliers, de véhiculer des messages aux habitants du même village, ou à des personnes vivant dans d’autres villages. Au son de chaque tambour, les initiés pouvaient déjà faire un décryptage et dire avec exactitude ce qu’annonce le ‘’tambourinier’’. C’est un pan de l’histoire Africaine qui malheureusement tend à disparaitre car beaucoup de jeunes ou de personnes n’y accordent aucun intérêt. Quand un Intellectuel de la trempe de Dr. Christian Ayivi se bat pour perpétuer cette culture, il faut lui tirer le chapeau. Encore Bravo Docteur et bonne continuation.

AKONDA : SommerFest 2015

Le second Atelier, “Siebdruck & Batikworkshop für Kinder (Atelier de teinture et de batik pour enfants) était animé par Ismael Diouf (Sénégal). Il enseigne les techniques de vernissage et de Teintures des vêtements. Cet art est parfaitement maitrisé par les femmes Africaines. Elles en font d’ailleurs une activité lucrative dans les pays comme le Mali et le Sénégal ou encore la Mauritanie pour ne citer que ceux-là. Ces femmes avec les connaissances du maniement des couleurs arrivent à créer des habits avec des modèles si variés représentant l’Afrique entière. Chapeau et bravo au frère Ismael du Sénégal pour sa participation.

Puis arriva le moment tant attendu de tous. La partie Danse et Culture…

L’Association des Femmes Ivoiriennes D’Hamburg, regroupées au sein de « ADFIH » a eu l’honneur d’ouvrir le bal.

Ce jour-là, elles ont choisi de mettre en valeur la riche culture Akan. Elles avaient prévu faire trois passages pour mettre en scène l’apparition d’une reine en public chez les Akans. Au son d’une musique du terroir, trois jeunes dames majestueusement vêtues en tenues traditionnelles Akans avec des parures dorées, firent leur entrée sur scène. Avec le sourire radieux traduisant la joie qui les anime, elles exécutaient des pas de danse avec grâces et maestria. Le tour d’honneur qu’elles firent, arracha un hourra d’enthousiasme à la foule. Puis vinrent, trois autres dames aux formes et rondeurs oh, combien envoûtantes! Oui, elles traduisaient ainsi le charme et la beauté en pays Akan qui se caractérisent par un embonpoint et un postérieur bien saillant. C’était l’extase ; la salle vibra et tous étaient emportés par cette ambiance féerique que l’arrivée de ces belles dames a suscitée. Les pas de danses étaient bien rythmés, le déhanchement étaient troublant; quant au balancement du postérieur bien fourni, ils faisaient rêver plus d’un.

Ce passage, était annonciateur de l’arrivée imminente de la reine mère… Le cor sonna, les danseuses d’Adjanou, c’est-à-dire les exorciseuses, firent leur apparition pour conjurer les mauvais sorts et contrer toutes attaques mystiques pouvant entraver le parcours de sa Majesté ‘’Nana Hamburg Première’’. Elle avançait majestueusement avec un sourire flamboyant, tout en lumière, tenant dans sa main droite son attribut de chef ; une queue de cheval dorée. Elle portait un pagne Kita tout en or, avec des chaussures tout aussi dorées. Sous son parasol doré, on voyait sa sublime silhouette parée d’or de haut en bas. Elle prit un bain de foule avant de venir se blottir dans son majestueux trône en or Massif pour suivre les différentes danses venues en son honneur, se produire et attendre les autres invités qui sont les groupes venant du Mali et du Niger.

Le Groupe Balimayaton Hamburg du Mali fut le second groupe à se produire Elles aussi ont eu droit à cinq passages. D’entrée de jeu, elles nous ont présenté la riche culture des Peuhls du Mali. Selon la narratrice, c’est un peuple de bergers nomades qui vit des produits dérivés des animaux dont il s’occupe (vaches et chèvres). C’est un peuple assez riche car la plupart des parures que portent  leurs femmes sont  faites en or.  Les femmes s’occupent de traire les vaches et font soit à manger avec le lait recueilli ou vont vendre le surplus recueilli.

Les Malinkés, une autre composante ethnique de ce pays se traduit par les hommes qui se distinguent dans le commerce et voyagent beaucoup. Leurs femmes s’occupent du foyer et sont chouchoutées financièrement par leurs conjoints. Elles portent beaucoup de bijoux en or et des basins dits riches donc excessivement chers.

C’est la composante ethnique du Mali qui représente la grande partie de la diaspora du fait de son habitude aux voyages. Cette diaspora est d’un grand apport au développement du Mali vu les sommes colossales qu’elle envoie au pays chaque fin de mois.

Ensuite, habillées en tenues traditionnelles Dozo, elles nous ont décrit la culture des grands chasseurs Dogon. Ce peuple qui vit essentiellement de la chasse et de l’agriculture est aussi une des composantes de la diversité ethnique du grand ‘’Maliba’’. C’est un peuple guerrier, aguerris au maniement des armes de guerre. Il est aussi réputé pour ses grandes connaissances mystiques. La narratrice a pris le soin de bien mentionner qu’ils ont toujours maille à partir avec les peuhls car les animaux de ceux-ci détruisent bien souvent les champs des dogons. En représailles, ceux-ci  n’hésitent en aucun cas d’abattre ces animaux. Ce qui fait l’objet de graves conflits entre ces deux peuples frères du Mali mais qui ne peuvent hélas se dissocier l’un de l’autre.

Elles ont aussi présenté la culture du peuple Bambara, illustrée par une cérémonie de mariage comme savent bien le faire, les maliens les Dimanches à Bamako.

Puis elles ont terminé avec les Touareg: Ce sont des nomades vivant dans le nord du mali. Ils ont un régime matrimonial. La femme est propriétaire de la tente. Elle prend les grandes décisions concernant la famille. L’homme est obligé de s’y soumettre.

Le groupe du Niger est passé en dernière position. Là encore c’était plus que beau à voir. Elles nous ont présenté une cérémonie de courtisane. Selon la narratrice, au cours de cette cérémonie, les femmes et les hommes portent leurs plus beaux vêtements et les parures les plus chères afin de paraitre très belles et très beaux  pour ainsi s’attirer au maximum les faveurs du sexe opposé. Puis les deux groupes en file Indienne se font face. Chacun exécute les pas de danse et se tient dans une position qui lui sied et  susceptible de lui attirer ce jour-là, la faveur de l’âme sœur. Une fois le choix effectué, les deux tourtereaux, se présentent au milieu de la foule et dansent pour ainsi sceller les bases de leur future union.
Par la suite, tous les groupes présents, se sont ensuite retrouvés dans une ambiance très festive à l’africaine sur le podium, pour faire ‘’ le show’’ ou encore  faire la fête comme on le dit communément chez nous.
La fête était totale dans une ambiance féérique
avec des collations (boissons et nourritures Africaines) servies entre les passages des différents groupes.

Enfin, aux environs de 22h, l’organiseur en chef Monsieur Gbocho Claude, a pris la parole pour dire un merci à tous ceux qui sont venus tout en leur promettant que la 19e Edition sera encore des plus belles.

Au revoir SommerFest 2015 et Vive la SommerFest 2016….

Mathieu D. Sia

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