À LA UNE POLITIQUE SOCIÉTÉ — 08 août 2019

Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI) propose la mise en place d’un cadre d’ECHANGE INCLUSIF devant réunir toutes les composantes de la société ivoirienne pour faire un diagnostic clair des différentes crises et proposer des solutions consensuelles qui nous éviteront une autre guerre.

DECLARATION de ALTERNATIVE CITOYENNE IVOIRIENNE (ACI) RELATIVE À LA REFORME de la CEI

LES FAITS

Le 18 novembre 2016, l’APDH (Action pour la Défense des droits de l’Homme) avait saisi la Cour Africaine des Droits de l’homme et des Peuples sur la nécessité d’une réforme en profondeur de la CEI, désormais frappée d’illégalité et d’illégitimité.


Dans le souci de donner droit aux recommandations de la Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, quant au réexamen de la composition de la CEI, en vue d’en assurer un meilleur équilibre, le Président Alassane Ouattara a instruit le premier Ministre Amadou Gon Coulibaly afin que ce dernier initie des consultations avec toutes les composantes de la société ivoirienne.


C’est dans cette dynamique, que le 24 janvier 2018, une rencontre a été organisée entre le Premier Ministre et les acteurs de la société civile.
Grande fut notre surprise de constater que la société civile, dans sa quasi-totalité n’a pas été associée à ces consultations qui se voulaient inclusives.
Il est à noter que certaines structures non représentatives ont été désignées pour parler au nom de la société civile. Ce qui fausse d’entrée de jeu, l’esprit de consensus qui devrait prévaloir.


En plus de tous ces manquements susceptibles d’entacher la crédibilité de cette institution, nous pouvons noter le PASSAGE EN FORCE opéré par le gouvernement qui n’a pas jugé utile de prendre en compte les recommandations de l’opposition et de la société civile.


Ainsi, en lieu et place d’une véritable RÉFORME, c’est plutôt une RECOMPOSITION aux contours biaisés qui a été faite, avec à la clé l’examen de la loi le 18 juillet 2019 et son adoption le 30 juillet 2019 par les députés RHDP.


Cela pourrait, à n’en point douter augurer des lendemains incertains pour un climat sociopolitique déjà tendu.

NOTRE ANALYSE

L’examen et le vote de la loi d’une Commission électorale non consensuelle, ainsi que la configuration actuelle de celle-ci, posent de sérieux problèmes qu’il est nécessaire de résoudre avant les prochaines échéances électorales.

 De fait, la commission centrale de la CEI compte quatorze (14) membres dont trois (03) membres issus de la mouvance présidentielle, trois (03) membres de l’opposition, quatre (04) membres de la société civile et cinq (05) membres au titre des institutions de la République, notamment la présidence. Ce qui fausse ostensiblement le jeu d’équilibre au sein de la commission centrale de la CEI.

En effet, ayant voix délibérative comme les autres membres, ces derniers rendent compte directement à leurs mandants, à savoir les membres de l’Exécutif, qui eux-mêmes sont issus de la mouvance présidentielle.
Un tel passage en force relève non seulement de la provocation et du mépris, mais de la volonté clairement affichée du gouvernement de contrôler de bout en bout tout le processus électoral en foulant aux pieds les règles élémentaires de la Démocratie. Ce déficit démocratique qui va crescendo risque de nous entraîner dans une autre crise postélectorale encore plus grave que celle de 2010-2011.

NOTRE POSITION

Vu les conséquences tragiques de la crise postélectorale de 2010-2011 qui a occasionné la mort de plus de 3000 personnes,
Vu l’échec de la CEI actuelle lors des élections couplées des municipales et régionale causant près 5 morts et de dégâts,
Afin de garantir un climat de paix pour les élections apaisées,
Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI) propose la mise en place d’un cadre d’ECHANGE INCLUSIF devant réunir toutes les composantes de la société ivoirienne pour faire un diagnostic clair des différentes crises et proposer des solutions consensuelles qui nous éviteront une autre guerre.
Aucun sacrifice n’est assez grand pour aller à la paix. La Côte-d’Ivoire est notre bien commun. Nous devons la protéger. Aucune ambition personnelle n’est supérieure à l’intérêt national.

Il est nécessaire que le président Alassane Ouattara qui n’est pas candidat à sa propre succession en 2020 prenne toutes les dispositions nécessaires pour mettre la société civile et l’opposition en accord afin de laisser à la postérité, une commission électorale véritablement indépendante, présidée par une personnalité à l’indépendance politique reconnue. La Côte d’Ivoire ne saurait s’accommoder d’une nouvelle crise postélectorale du fait, entre autres, d’un gouvernement de preneur d’otage du peuple ivoirien qui se manifeste de sa volonté de ne pas vouloir réformer cette institution très importante dans les élections de 2020.

Fait à Abidjan le 03 août 2019

Armand KRIKPEU, Secrétaire Général de ACI

#ACI, pour le peuple et pour la paix !

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