À LA UNE POLITIQUE SOCIÉTÉ — 16 juillet 2019

Appel de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire (CICI) et Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI) aux députés sur le vote de la nouvelle loi sur la CEI.

I. LES FAITS
Suite à une requête de l’APDH auprès de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des peuples (CADH) contre le manque d’indépendance et d’impartialité de l’actuelle CEI, celle-ci a jugé le 18 novembre 2016 que la CEI était déséquilibrée et a ordonné à la Côte d’Ivoire de la réformer dans un délai d’un (1) an.
Ce n’est que le lundi 06 août 2018 que le Chef de l’État, SEM Alassane Ouattara, a consenti à s’exécuter, à l’occasion de sa traditionnelle adresse à la nation, à la veille des festivités commémoratives de la fête de l’indépendance.
Finalement, c’est le 21 janvier 2019 que des consultations ont été engagées par le Premier Ministre sur instruction du Chef de l’Etat. Celui-ci avait assuré vouloir « travailler à un rapprochement des positions des uns et des autres, partis politiques et société civile ».
Malheureusement, force a été de constater la ruse qui a guidé les négociations tant avec les partis politiques de l’opposition qu’avec la société civile. L’échec a donc été sans surprise et le processus non inclusif et a abouti à une recomposition plutôt qu’à une réforme. La majorité de l’opposition s’est retirée des négociations et la société civile a été trahie par le non-respect de l’arrêt de la CADH. Le Gouvernement a fini par imposer sa CEI qui n’est pas différente de l’actuelle si ce n’est par le nombre de membres qui est passé de 17 à 15
C’est dans ce contexte que ce mardi 16 juillet, cette proposition de loi sera soumise à l’Assemblée nationale, au mépris de la volonté de la majorité du peuple.

II. NOTRE ANALYSE
Quand on sait le rôle qu’a joué la CEI actuelle dans la douloureuse et grave crise que nous avons connue, de même que la violence qui a entaché les élections locales d’octobre 2018, face à ce énième passage en force qui se déroule sous nos yeux, il est impératif de trouver des solutions pour éviter à notre pays un autre drame électoral.
Les députés dont le premier devoir est celui de respecter la volonté du peuple et de le représenter dignement à l’Assemblée Nationale, ont déjà péché en lui refusant la gratuité de la CNI. Aujourd’hui encore, une autre violation de la volonté du peuple est entrain de se préparer grossièrement.
C’est pour cela que la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire (CICI) et Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI) prennent ce problème de la réforme de la CEI à bras le corps, pour interpeller les députés, face aux frustrations récurrentes qu’ils font subir au peuple.

III. NOTRE POSITION
La Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire (CICI) et Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI) Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI) s’indignent vigoureusement face à cette violation flagrante de la volonté de la majorité des ivoiriens et interpelle :
– Les députés ; à qui nous demandons de ne pas se rendre à cette session de l’Assemblée Nationale pour protester contre cette loi impopulaire et marquer leur attachement à ceux qui les ont élus et dont ils sont les mandataires ;
– le Gouvernement ; sur ces pratiques antidémocratiques qui n’honorent pas la Côte d’Ivoire ;
– les organisations de défense des droits de l’homme ; pour une mobilisation afin que les négociations avec tous les acteurs politiques et sociaux se rouvrent.

Fait à Abidjan, le 15 juillet 2019

Pour Alternative Citoyenne Ivoirienne
La Présidente
Pulchérie GBALET.

Pour la Coalition des indignés de côte d’Ivoire
Le Coordonnateur
Samba David

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